Les abords de la capitale nord-irlandaise témoignent encore des violences, avec des voitures incendiées et des maisons endommagées. Les politiques locaux accueillent les appels au calme, mais la peur d'une répétition des émeutes subsiste.
• Éclatement des tensions à Belfast
Dans les premiers moments de la soirée, un rassemblement pacifique a eu lieu dans divers quartiers de Belfast, suivi d'une escalade de violence. Des individus masqués ont lancé des mortiers d'artifice et incendié des véhicules, ciblant notamment des foyers d'immigrés. Ce climat de défiance a conduit les pompiers à évacuer certains résidents.
Une reporter de la BBC a rapporté des chants xénophobes tels que "foreigners out" (les étrangers dehors), exacerbant encore les tensions.
"C'était notre maison depuis 13 ans, et maintenant tout est parti en fumée," témoigne Jamie Corry, dont le domicile a été détruit lors des émeutes.
Il est à noter que plusieurs personnes, incluant des familles d'origine africaine et une jeune Ukrainienne, ont dû fuir leur domicile en raison des violences.
• Origine des émeutes
Ces événements tumultueux sont survenus en plein aftermath d'une attaque au couteau qui a laissé un homme, Stephen Ogilvie, gravement blessé. Cette agression, immortalisée sur vidéo, a suscité une intervention rapide de témoins et des forces de l'ordre.
Le suspect, un Soudanais de 30 ans, Hadi Alodid, détenu sous le statut de réfugié, a été arrêté par la police, qui ne considère pas pour l'instant la piste terroriste.
• Instrumentalisation politique des événements
Des figures d'extrême droite, dont des membres de Reform UK et Restore Britain, ont exploité cette attaque pour nourrir un discours anti-immigré, contrastant avec les réels risques encourus par les communautés locales.
Le Premier ministre anglais, Keir Starmer, a condamné ces violences, soulignant l'absurdité de justifier de tels actes par la peur.
"Rien ne peut justifier la violence que nous avons observée, menaçant nos communautés," a affirmé Starmer, ajoutant que les actions contre des individus d'origine différente ne seraient pas tolérées.
La ministre nord-irlandaise de l'Intérieur, Naomi Long, a dénoncé ceux qui instrumentalisent ces peurs pour alimenter le racisme, mettant en lumière l'absurdité de cibler des gens en fonction de leur couleur de peau.
• Vers une remise en question de la libre circulation ?
Le ministère de l'Intérieur a déclaré que le suspect de l'agression était arrivé d'Irlande du Sud, soulevant des questions sur les implications de la libre circulation entre les deux Irlands. Des députés ont appelé à une fermeture des frontières, remettant ainsi en question des politiques migratoires établies.
Les tensions enregistrées à Belfast et d'autres villes britanniques, notamment Glasgow et Southampton, laissent craindre un avenir incertain. Les responsables appellent à la retenue alors que la recherche d'une solution durable et pacifique devient primordiale.







