Complots, tisanes et rituels : Lada-Rus a une recette intrigante pour challenger le pouvoir au Kremlin. Connue pour sa présence charismatique sur les réseaux sociaux, cette guérisseuse a quitté la Russie en 2016, échappant à un procès qui aurait pu la menacer.
Parmi les nombreux opposants au régime de Vladimir Poutine, Lada-Rus, guérisseuse d’origine azerbaïdjanaise, a su se démarquer. Selon Moscow Times, elle utilise une forme particulière de thérapie énergétique, attirant à elle un large public.
Svetlana Lada-Rus, née en 1958, fut professeur de musique avant de devenir célèbre comme guérisseuse à partir de 1996. Active politiquement, elle a tenté de se faire élire à plusieurs reprises entre 2003 et 2011 avec son parti, Volya, mais a sorti les griffes face à une répression croissante. Trahie par les autorités, elle a fui la Russie, mais son influence s’est amplifiée sur les réseaux sociaux : près d'un million d'abonnés sur des plateformes telles que Telegram et YouTube.
Ses partisans, notamment des femmes, ont suscité de nombreuses actions de résistance, surtout en Sibérie. Lada-Rus critique Poutine non pas pour son autoritarisme, mais considère qu’il est un « pantin » au service de l’Occident, accablé par des conspirations sur le remplacement des Russes par d'autres populations. Son discours, mélangeant nationalisme, nostalgie et paganisme, frôle la théorie du complot, avec des mises en garde sur des dangers explosifs, tels qu'une guerre nucléaire imminente.
Depuis 2015, elle se fait appeler « Lada-Rus », associant un héritage culturel ancien à des symboles de fertilité. Ce crédo extravagant fascine, tout en inquiétant les autorités qui voient dans ses incantations un véritable mouvement de résistance.







