L'instruction judiciaire concernant les comptes de campagne de 2017 de Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle de 2022, a pris fin ce mois-ci. Quatre mises en examen ont été signalées, selon des sources ayant confirmé des informations du quotidien Le Monde.
Les enquêteurs soupçonnent la société Mediascop, dirigée par Sophia Chikirou, députée de Paris, d'avoir facturé des prestations excessives pendant la campagne présidentielle de 2017, soulevant des questions de possible escroquerie à l'encontre de l'État compte tenu des financements publics liés à ces dépenses.
Une enquête avait débuté en avril 2018, alimentée par des signalements émis par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), ainsi que par la cellule de renseignement financier Tracfin.
Des perquisitions marquantes avaient eu lieu en octobre 2018, notamment au siège de La France insoumise, provoquant une forte réaction de la part du mouvement de gauche radicale.
Au début de novembre 2018, l'affaire était confiée à des juges d'instruction, ce qui avait conduit à une série de mises en examen au printemps 2021, visant principalement l'association l'Ere du peuple et la mandataire financière Marie-Pierre Oprandi pour des accusations de prêt illicite de main-d'œuvre, bien éloignées des soupçons de surfacturation originels. LFI avait alors considéré cela comme une victoire.
Cependant, la situation s'est complexifiée avec l'alourdissement des charges, notamment en septembre 2021, lorsqu'un député LFI, Bastien Lachaud, a été mis en examen pour divers délits incluant l'escroquerie et le faux.
En février 2022, les poursuites contre l'association avaient été renforcées, des infractions supplémentaires comme l'escroquerie aggravée venant s'ajouter aux accusations initiales.
Un rapport de mai 2022, publié par Mediapart et relayé par l'AFP, a révélé que Mediascop avait vu sa rentabilité passer à 22% pour l'élection de 2017, soit un taux supérieur à celui observé chez ses concurrents, bien que des experts aient mis en garde contre la difficulté de toute comparaison.
En septembre 2024, Sophia Chikirou était à son tour mise en examen pour des actes d'escroquerie aggravée et abus de biens sociaux.
Alors que les investigations sont désormais closes, le parquet va examiner les résultats avant que le juge ne décide d'une éventuelle tenue de procès. LFI maintient que cela ne devrait pas se produire.
Le mouvement politique souligne que ni Jean-Luc Mélenchon ni Manuel Bompard n'ont été entendus par les juges ni mis en examen durant l'instruction. De plus, une contre-expertise commandée par Mediascop aurait prouvé l'absence de surfacturation.
Par ailleurs, un autre dossier judiciaire relatif aux assistants parlementaires a récemment été clos sans aucune mise en examen.







