Lors du dernier débat présidentiel, Keiko Fujimori, candidate de droite, a mis en avant une stratégie ferme contre la criminalité, tandis que Roberto Sánchez, candidat de gauche, a dénoncé la présence d'une "mafia politique" qui compromet la démocratie. Cet affrontement a lieu à une semaine des élections, dans un contexte d’instabilité politique et de crise de sécurité liée à l'accroissement du crime organisé.
Au cœur des préoccupations des électeurs, la lutte contre l’insécurité a été incontournable. Keiko Fujimori a promis un déploiement militaire pour soutenir la police, le démantèlement des réseaux d’extorsion et l’expulsion des délinquants étrangers. Elle a affirmé : "Dès le premier jour, nous agirons avec fermeté. C'est moi qui mènerai le combat contre les délinquants", héritage de son père, l'ancien président Alberto Fujimori, dont le mandat était marqué par des méthodes controversées.
En réponse, Roberto Sánchez a plaidé pour une réforme du système judiciaire et a qualifié de fondamental le rétablissement de la démocratie pour combattre la criminalité. Selon lui, c'est une "mafia politique" qui gangrène les institutions et empêche la protection des citoyens. Il a proposé la création d'une force d'enquête spécialisée pour contrer cette menace.
"Il est temps d’agir contre l'insécurité en rétablissant la démocratie", a-t-il insisté, soulignant que la corruption entrave le bon fonctionnement des services publics.
Selon un sondage Ipsos, Keiko Fujimori devance légèrement Roberto Sánchez avec 38% contre 35% des intentions de vote, une situation révélatrice d’une compétition serrée en vue du second tour. Fujimori, 51 ans, qui avait remporté le premier tour avec 17,1% des voix, espère accéder à la présidence pour la quatrième fois. De son côté, Sánchez, ancien ministre du Commerce de Pedro Castillo, arrive en lice avec le soutien de 12% des Péruviens.
Cette élection s’inscrit dans un climat politique tumultueux, le Pérou ayant connu huit chefs d'État depuis 2016, illustrant une instabilité chronique qui affecte les institutions du pays.
Le nouveau président prendra ses fonctions le 28 juillet, succédant au président par intérim, José Maria Balcazar. Dans ce contexte électoral, la lutte entre la criminalité et la protection de la démocratie se révèle plus que jamais cruciale pour l’avenir du pays.







