Près de six mois après le drame de Crans-Montana, des familles de victimes ont choisi de visionner les images de la nuit tragique. Parmi elles, Vinciane Stucky explique pourquoi elle a regardé les derniers instants de son fils Trystan, âgé de 17 ans.
Ce choix résulte d'une profonde réflexion. Ce mardi 26 mai, à Sion, les autorités suisses ont commencé à présenter les enregistrements de vidéosurveillance aux familles touchées par l'incendie survenu dans le bar le Constellation à Crans-Montana. Cet événement tragique, survenu lors de la Saint-Sylvestre, a causé la mort de 41 personnes, dont près de la moitié étaient des adolescents. Par respect pour les familles, ce processus de visionnage est minutieusement encadré pour éviter toute fuite d'informations. Les proches ont la possibilité de visionner les images individuellement, et aucun enregistrement ne peut être conservé.
"Je l'ai fait pour Trystan"
Accompagnée par une agente, Vinciane émerge du commissariat de Sion après avoir visionné les vidéos du dernier soir de son fils. Son intention est claire : "Je l'ai fait pour Trystan". Me Nina Fournier, son avocate, a souligné l'importance d'un soutien médico-psychologique pendant ce processus, en précisant qu'un créneau de deux heures était attribué pour permettre un temps de réflexion. Malgré les recommandations de son avocate de ne pas s'infliger cette épreuve, Vinciane a tenu à honorer la mémoire de son fils. D'autres familles, quant à elles, ont choisi de ne pas y assister, préférant attendre d'être contactées par les autorités.
"L'avant, l'après, rien au milieu"
Pour Vinciane, visualiser ces images était une nécessité : "Je l'ai mis au monde. Il me disait tout, ne me cachait rien, même pas ses bêtises." La justice a préparé des montages spécifiques pour chaque famille, leur offrant la possibilité de revivre les derniers instants de leurs proches sous divers angles sans être confrontés à l'intégralité des événements tragiques, comme l'a rapporté La Dépêche.
Malgré la nature éprouvante des vidéos, Vinciane affirme avoir retrouvé son fils "heureux, solaire et calme avec tous ses copains". Elle raconte qu’au moment de l'incendie, il n'y avait "que l'avant et l'après, rien au milieu", à cause de la fumée. Une image reste ancrée dans sa mémoire : "Il avait l'air content quand il commandait la fameuse bouteille de champagne", bouteille qui, selon certaines hypothèses, aurait joué un rôle dans le déclenchement tragique de l'incendie. Cette expérience souligne l'impact dévastateur de la tragédie sur ces familles et la mémoire persistante des jeunes innocents perdus dans ce drame.







