Mercredi 27 mai a marqué un tournant crucial pour Nicolas Sarkozy, alors que l'ancien président s'est exprimé pour la dernière fois au procès en appel concernant le financement présumé de sa campagne par la Libye. Dans une atmosphère tendue, il a martelé : "Je n'ai pas trahi la confiance des Français. Je n'ai pas reçu un centime d'argent libyen", ajoutant une note personnelle en exprimant ses craintes de retrouver un système pénitentiaire auquel il pourrait être contraint de faire face. "Chaque jour, en me levant, je me demande si je vais y retourner", a-t-il déclaré, témoignant de l'incertitude qui l'habite.
Durant la semaine précédente, les avocats généraux avaient requis sept ans de prison ferme, invoquant l'instigation de ce qu'ils qualifient de pacte de corruption avec le régime de Kadhafi. En revanche, les avocats de Sarkozy, notamment Me Christophe Ingrain, ont insisté sur le manque criant de preuves, plaidant pour une relaxe après une décennie d'enquêtes infructueuses : "Treize ans qu'on cherche à l'impliquer dans ce roman grotesque".
Un jugement rendu le 29 novembre prochain
Le procès a pris une tournure intrigante lorsqu'il a été question de Claude Guéant, son ancien secrétaire général, qui a été absent durant les audiences pour des raisons de santé. Sarkozy a insinué que Guéant avait agi à son insu, piégé par des éléments proches du régime libyen. Cependant, les déclarations de Claude Guéant ont révélé des détails compromettants, comme quoi ses rencontres avec les proches de Kadhafi avaient été effectuées sous ordre direct de Nicolas Sarkozy, ce qui a renforcé l'argumentation de l'accusation.
Me Vincent Brengarth, avocat de l'association Sherpa, a exprimé que "le procès en appel se distingue nettement de la première instance, avec un resserrement considérable des accusations". Désormais, l'ex-président doit patienter jusqu’au 29 novembre pour connaître le verdict, période durant laquelle la tension juridique et médiatique continuera de planéer autour de ce dossier sensible.







