L'Iran a accusé ce mardi les États-Unis d'avoir violé le cessez-le-feu à la suite de frappes militaires nocturnes, tandis qu'au Liban, des bombardements israéliens ont entraîné la mort de 31 personnes, d'après des sources gouvernementales locales.
Ces attaques surviennent à un moment où des progrès semblaient possibles dans les discussions visant à instaurer une paix durable au Moyen-Orient.
Les signes d'espoir se sont rapidement transformés en une escalade verbale, dans un contexte où les opérations militaires s'étaient presque calmées depuis le 8 avril, bien que le blocage du détroit d'Ormuz continue de faire flamber les prix du pétrole.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré : "L'armée terroriste américaine a commis une violation évidente du cessez-le-feu dans la région d'Hormozgan", bien que les détails des attaques restent vagues.
Les autorités ont cependant averti que "la République islamique ripostera à toute agression".
De son côté, le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a confirmé avoir ciblé des sites de lancement de missiles dans le sud de l'Iran. Bien que les médias iraniens aient rapporté des explosions à Bandar Abbas, le gouvernement iranien a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances de ces événements.
Les Gardiens de la Révolution, la force militaire elite de Téhéran, ont affirmé avoir abattu un drone américain, tout en attaquant d'autres aéronefs qui auraient tenté de violer l'espace aérien iranien.
- Accès à Internet restreint -
Dans un climat d'incertitude, les marchés mondiaux ont montré des signes de prudence, selon l'analyse de Daniela Hathorn de Capital.com, bien que Wall Street ait atteint de nouveaux sommets.
Le prix du pétrole, quant à lui, a de nouveau grimpé.
Par ailleurs, un rétablissement partiel de l'accès à internet a été observé en Iran après des mois de coupure en raison des hostilités qui ont débuté le 28 février avec l'assaut israélo-américain. Une jeune femme de Kermanshah a déclaré à l'AFP qu'elle avait enfin pu accéder à des sites internationaux, bien qu'elle ait encore besoin d'un VPN pour utiliser les réseaux sociaux.
Les discussions diplomatiques, malgré les tensions, se poursuivent. Des responsables iraniens, y compris le négociateur principal Mohammad Bagher Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, ont effectué une visite à Doha, une première depuis le début des conflits.
Le gouverneur de la Banque centrale d'Iran a également été présent pour discuter des fonds gelés en raison des sanctions américaines, Téhéran réclamant le déblocage de 24 milliards de dollars, selon l'agence Tasnim.
Cette exigence se trouve parmi les principaux points de friction, aux côtés des discussions nucléaires que l'Iran souhaite aborder ultérieurement. Washington, inquiet des ambitions nucléaires de Téhéran, exige la destruction de son stock d'uranium hautement enrichi, dont l'avenir demeure flou après des frappes israélo-américaines en juin 2025.
- Au-delà des tensions -
Lors d'une communication téléphonique avec le dirigeant qatari, le président iranien Massoud Pezeshkian a affirmé que l'Iran est "prêt à trouver un cadre respectueux pour mettre fin à la guerre", selon la chaîne d'état Irib.
Objectif : trouver une issue à cette guerre impopulaire qui a eu un impact délétère sur l'économie mondiale, exacerbée par le quasi-blocage du détroit d'Ormuz, qui représente normalement un cinquième du trafic mondial de pétrole et de gaz naturel.
La réouverture de ce passage crucial s'avère essentielle pour les négociations. Les tensions restent élevées, illustrées par le fait qu'un pétrolier a été touché mardi au large d'Oman, comme rapporté par l'agence maritime britannique UKMTO.
Enfin, il est à noter que Donald Trump réunira son gouvernement ce mercredi pour discuter de la situation en Iran et des implications à venir.
Sur le terrain libanais, de nouvelles frappes israéliennes ont été menées dans le sud du pays, tuant 31 personnes, selon le ministère libanais de la Santé.
Ces attaques ont fait des victimes parmi des civils, dont au moins quatre enfants et trois femmes, alors qu'Israël a annoncé une extension de ses opérations contre le Hezbollah, en dépit d'un cessez-le-feu établi depuis le 17 avril.
"Nous intensifions notre action au Liban", a réaffirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu, soulignant une réalité tragique au cœur des tensions régionales.







