Du 26 au 28 janvier, la cour d'assises de la Loire-Atlantique se penche sur le cas d'un Nantais de 25 ans accusé d'avoir tué Nadia Hassade, 47 ans, fin 2022. Les faits sont tragiques : une vingtaine de coups de couteau portés sans que le mobile ne soit immédiatement établi.
Le premier jour du procès a été dominé par des discussions sur l'accusé et sa relation avec les femmes. Bien que décrit comme un jeune homme intégré, il a reconnu avoir poignardé la victime pendant qu'elle se dirigeait vers son travail à Saint-Herblain. Ce jour-là, il était sous l'influence de l'alcool après une nuit en boîte.
Un expert psychologue, entendu en fin de matinée, a évoqué une profonde "frustration" et "une rage" de l'accusé, révélatrices de problèmes émotionnels. La rupture avec une ancienne partenaire serait vécue comme une humiliation, renforcée par le rejet d'une autre femme la veille du crime. Cette colère, selon l'expert, s'est dirigée vers Nadia Hassade, qui a incarné pour l'accusé une figure féminine à détruire.
Me Bouillon, avocate pour plusieurs parties civiles, établit un lien entre cet acte violent et une "haine des femmes" en général : "Ce n'est pas seulement le résultat d'une colère isolée, mais un féminicide où toutes les femmes sont touchées par cette haine. À cet instant, Nadia était la cible". Elle souligne ainsi que de tels actes ne se limitent pas aux violences conjugales, mais s'inscrivent dans une dynamique plus large de violence envers les femmes.
Le procès a aussi mis en lumière des éléments de la vie de l'accusé, comme sa relation avec sa mère d'origine indienne, souvent très stricte.
Me Solène Beaumont, avocate de la défense, a reconnu que la mémoire de son client était imparfaite, mais qu'il s'efforcerait de répondre à toutes les questions posées, témoignant ainsi d'une certaine volonté de compréhension des événements.
Alors que le procès se poursuit, il s'agit d'analyser non seulement les faits, mais aussi de questionner les mécanismes sociaux et psychologiques qui mènent à de tels drames. Les expertises à venir pourraient encore éclairer le parcours de l'accusé et les racines de son acte. Des voix s'élèvent déjà pour rappeler que derrière chaque homicide, il y a souvent des siècles de culture de la violence envers les femmes à interroger.







