Emmanuel Abayisenga, suspecté d'avoir assassiné le père Olivier en août 2021 à Saint-Laurent-sur-Sèvre, ne s'est pas présenté au deuxième jour de son procès, déclarant simplement : « Je suis fatigué ». Son témoignage a été délivré sur un formulaire présenté devant la cour d'assises de Vendée, suscitant des tensions lors des audiences.
Pour ce procès, les avocats de la défense ainsi que des parties civiles avaient sollicité l'intervention des forces de l'ordre pour forcer l'accusé à se rendre au tribunal. Une équipe de police s'est donc déplacée à la maison d'arrêt de Nantes, où Abayisenga est actuellement incarcéré. Ce dernier, cependant, a déclaré être en mesure de suivre le procès sans interprète, mais il a persisté dans son refus de se déplacer.
Des choix controversés au sein de la justice
« Même s'il choisit de garder le silence, il doit être présent pour entendre les détails de son affaire », a souligné Me Maud Navenot, l'un de ses avocats. Les avocats des parties civiles, quant à eux, pressent pour la continuation des débats sans la présence de l'accusé. Après une suspension prolongée, la présidente a finalement opté pour l'article 322, ordonnant qu'Abayisenga soit amené par la force publique, ce qui a rendu l'audience encore plus chaotique.
Retour sur les événements tragiques
Pour mémoire, Emmanuel Abayisenga avait fui son pays natal, le Rwanda, après avoir été condamné pour l'incendie de la Cathédrale de Nantes. Le 9 août 2021, il avait avoué au poste de gendarmerie : « Mettez-moi en prison, il est décédé, je suis désolé ». Ces mots ont rapidement suivi la découverte du corps du père Olivier, retrouvé avec plusieurs blessures mortelles. Interrogé par les enquêteurs, Abayisenga a déclaré que le prêtre l'avait saisi à la jambe avec l'intention de le « castrer », ce qui aurait entraîné son acte défensif, à savoir frapper la victime avec une chaise.
Selon des experts judiciaires, la fragilité psychologique de l'accusé, connue depuis ses précédents démêlés judiciaires, pourrait jouer un rôle crucial lors des délibérations. La réclusion à perpétuité est la sanction qu'encourt Emmanuel Abayisenga si la culpabilité est retenue. Les organisations de défense des droits de l'homme interrogent déjà les conséquences d'un tel verdict dans un contexte où la santé mentale des accusés est souvent mise de côté dans les décisions judiciaires. Ces dynamiques posent des questions fondamentales sur l'équilibre entre justice et compassion, dans un pays cherchant à trouver des réponses aux actes de violence.







