Le Syndicat des sapeurs-pompiers volontaires de France a porté une affaire délicate devant la justice suite au décès tragique d'un pompier volontaire à Saint-Sever et d'un autre à Sabres. Le Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) des Landes s'est exprimé le 21 mai sur cette situation préoccupante.
Le 10 avril 2026, un adjudant-chef volontaire du centre de secours de Saint-Sever a trouvé la mort après une course à pied, tandis qu'un autre pompier a subi un "accident cardiaque" le 3 mai au centre de secours de Sabres. En conséquence, le syndicat a déposé une plainte le 19 mai contre le Sdis des Landes et ses représentants pour homicide involontaire et mise en danger délibérée de la vie d’autrui.
Selon Bruno Ménard, secrétaire général du syndicat établi à Cholet, ces incidents s'inscrivent dans un cadre d'entraînement individuel lié à la préparation des tests de condition physique annuels (ICP) que doivent passer les agents. "Ces tests conditionnent leur aptitude opérationnelle," rappelle-t-il.
Deux accidents en question
Ménard souligne : "Il y a eu deux accidents, dont un décès, en rapport avec le service. Les gendarmes ont constaté que la victime préparait ses tests ICP." Il insiste sur la nécessité d'agir pour protéger les pompiers volontaires, soulignant que ne rien faire exposerait à d'autres risques. "Si un troisième cas se présente, nous aurons échoué dans notre mission de protection," ajoute-t-il.
Le syndicat critique un système qui impose des tests physiques sans encadrement adéquat, mettant en exergue le caractère "exploitant" qui va à l'encontre de la sécurité de ces agents. D'après Ménard, les pompiers professionnels bénéficient de formations et d'un soutien direct, tandis que les volontaires doivent gérer leur propre préparation sans supervision.
"Notre rôle est de défendre les agents, pas le système," dit Ménard, fustigeant l'organisation actuelle. "Il est temps de dire stop à cette violation des obligations de sécurité pour les agents publics."
Ces déclarations mettent en lumière un débat au sein des pompiers, tous ne partageant pas cette position. Certains, s'exprimant sous couvert d'anonymat, jugent cette plainte "scandaleuse," arguant qu'elle provient d'un syndicat actuellement peu représentatif dans les Landes, et qu'elle survient juste avant les élections professionnelles de juin.
La sécurité au cœur des préoccupations
Romain Moutard, directeur par intérim du Sdis des Landes, a réagi sur le plan humain, exprimant sa sympathie à la famille du pompier décédé, tout en précisant la position officielle du Sdis. Il insiste sur le fait que la sécurité des agents est une priorité absolue dans tous les départements, ajoutant que des mesures de sécurité comme les tests physiques sont des éléments nécessaires à l’évaluation de l'aptitude opérationnelle.
Concernant le lien entre les incidents et les tests de condition physique, il déclare qu'il n'existe pas de causalité établie. Le décès du pompier se serait produit en dehors d'une activité planifiée, selon lui. Il insiste également sur le fait que le second incident mentionné a été encadré par des animateurs dédiés, respectant les protocoles de sécurité.







