Au troisième jour du procès de Martin Ney, à Nantes (Loire-Atlantique), des témoignages d'un ancien gendarme à la retraite jettent une lumière crue sur les processus d'enquête qui ont entouré cette affaire tragique. Les premières heures de l’enquête, marquée par de nombreuses erreurs, sont désormais connues.
En avril 2004, Jonathan Coulom, âgé de 10 ans, disparaît d’un centre de vacances à Saint-Brevin-les-Pins, où il participait à une classe de mer avec son école. Ce jeudi 21 mai 2026, la cour d'assises de Nantes s’est penchée sur le récit d'un ancien enquêteur, qui a détaillé les débuts de l'enquête, qui s'est révélée être complexe et chaotique.
La piste locale jusqu'à l'arrivée des enquêteurs allemands
Initialement, les investigations ont été menées au niveau local, mais malgré des opérations de recherche intensives et des témoignages recueillis, aucune piste concluante n’a été identifiée. Deux semaines après la disparition de Jonathan, des enquêteurs allemands arrivent à Nantes pour examiner des meurtriers ayant des modus operandi similaires, comme le rapporte Presse Océan.
L'ancien responsable de la section de recherche de Rennes, spécialisé dans les crimes complexes, a exprimé des scepticismes : "Ils pensaient qu'ils détiendraient des indices pertinents, mais nous n'avions rien de concret pour établir un lien."
Les éléments des enquêteurs allemands souvent ignorés
Alors que les investigations se concentraient autour de Saint-Brévin-les-Pins, les enquêteurs allemands alertaient leurs homologues français sur un schéma récurrent dans plusieurs affaires : les lieux de disparition et de découverte des corps n'étaient jamais identiques, occasionnant des écarts de distance considérables. Dans le cas de Jonathan, son corps a été retrouvé dans un étang près de Guérande, à environ 30 kilomètres du centre de vacances.
Lors de son témoignage, l'ancien gendarme a admis : "Nous n'avons pas pris suffisamment en considération ces éléments." Pendant ce temps, les enquêteurs français examinaient la possibilité d'une séquestration. Ce n'est que plus tard, lors d'un appel, que le corps de Jonathan a été découvert, tragiquement ligoté et lesté, un témoignage déchirant d'une enquête qui ne se savait pas qu'elle touchait à l'horreur. "Des images que je n’oublierai jamais", confiera le responsable des opérations techniques et scientifiques de la section de recherche de Rennes, comme l’a rapporté Ici Loire Océan.







