Une femme originaire de Guinée s’est vu délivrer un titre de séjour qui lui a ensuite été retiré. Explications.
Dans une lettre recommandée du 4 mai 2026, Me Sandrine Cariou a sollicité du préfet de Loir-et-Cher un réexamen de la décision de retrait du titre de séjour pour Madame D., afin qu’elle puisse poursuivre son travail. L'avocate a également engagé un recours gracieux contre le refus récent de renouvellement. En cas d'échec, Me Cariou envisage de formuler une nouvelle demande de titre de séjour « Vie privée et familiale » pour sa cliente.
Pour rappel, Madame D. est en France depuis avril 2015. Après un séjour en Mayenne, elle est orientée vers le Loir-et-Cher où, avec ses cinq enfants, elle est mise à l'abri par les services sociaux, vivant dans un hôtel à Blois depuis janvier 2022. Elle obtient par la suite un titre de séjour et s'installe dans un logement à Blois.
En juillet 2022, elle introduit une demande de renouvellement de son titre de séjour. Le 2 mai 2023, la préfecture lui refuse, entraînant une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Madame D. conteste cette décision et, le 12 novembre 2024, le tribunal administratif d’Orléans annule l’arrêté, obligeant la préfecture à lui délivrer un titre de séjour. La préfecture finit par lui fournir plusieurs récépissés avec autorisation de travail, puis enfin un titre de séjour « Vie privée et familiale ». Cependant, en raison d'un appel de la préfecture, cette décision est annulée par la cour d’appel administrative de Versailles, poussant Madame D. à solliciter une aide juridictionnelle auprès du Conseil d’État.
Sans cela, Madame D. se retrouverait dans l'obligation de retourner en Guinée avec ses enfants, y compris sa petite fille, pour qui il existe un risque élevé de subir des mutilations génitales féminines.
Des organisations comme le Collectif de soutien aux sans-papiers et la Cimade 41 accompagnent Madame D. dans ses démarches, tandis que le maire de Blois, Marc Gricourt, et le président d’Agglopolys, Christophe Degruelle, ont également exprimé leur soutien à travers des lettres détaillées. Me Cariou conclut en notant : « La décision de la préfecture est incompréhensible, eu égard à sa situation de logement stable et à son emploi, de plus elle poursuit des démarches pour obtenir son permis de conduire. »







