Ce lundi 11 mai, deux jeunes Manceaux ont été condamnés pour proxénétisme aggravé, ayant orchestré des rendez-vous avec des jeunes femmes, dont certaines étaient mineures, à travers la France.
Depuis leur domicile au Mans, ce couple a géré la prostitution d'une dizaine de femmes. L'un des membres a été condamné à six ans de détention, tandis que l'autre, également impliquée dans la prostitution, a reçu une peine de trois ans, dont 18 mois avec sursis.
L'affaire a débuté le 22 octobre 2024, lorsque la police a été alertée par une jeune femme prostituée, indiquant la présence d'un couple au sein de son logement rue de La Genetière, où quatre femmes étaient presence, dont deux à moitié nues. Les enquêteurs ont récupéré plusieurs indices, comprenant des cartes de crédit et des tickets de caisse, soutenant les accusations contre le couple.
Des passes organisées dans toute la France
Les témoignages des jeunes femmes révèlent qu'elles ont été abordées par l'homme à des moments de vulnérabilité. Pendant cinq mois, l'une des victimes a déclaré : "Il a profité de moi alors que j'étais en difficulté". Les déplacements des femmes étaient soigneusement planifiés et elles étaient souvent déplacées dans des villes comme Angers ou Tours pour travailler quelques jours avant de changer de localité.
Petite amie sous emprise ou bras droit d'un proxénète ?
La défense de la femme accusée, par l'intermédiaire de son avocate, Maître Abkoui, a mis en avant la relation d'emprise exercée par son compagnon sur elle. "Elle travaillait plus que les autres prostituées et remettait ses gains à lui. Sa responsabilité pénale est limitée par sa propre exploitation," a expliqué l'avocate.
Dans ses déclarations, la prévenue a exprimé avoir été amenée à la prostitution pour des raisons économiques en période étudiante. "J'ai commencé à consommer de la cocaïne en parallèle," a-t-elle ajouté, illustrant à quel point son parcours avait été assombrie par cette expérience.
"Je regrette un peu les actes que j'ai commis."
Le principal prévenu, ayant un passé criminel significatif, a minimisé son rôle dans cette affaire, mais les preuves mettent en lumière son contrôle sur les femmes. "Vous croyez que les filles s'amusent quand elles se prostituent ?" lui a demandé la présidente du tribunal, à laquelle il a répondu : "Que je sois là ou pas, elles feraient la même chose." Cette banalisation de son comportement a profondément choqué les magistrats.
"En prison, j'ai appris à ne plus dire 'oui' à tout"
La procureure a fermement rejeté l'argumentation de l'accusé. "On ne loue pas des logements par hasard pour organiser des passages," a-t-elle souligné, portant l'attention sur la complexité de leur dispositif, impliquant jusqu'à 29 cartes de crédit. Bien que la requête initiale ait été de neuf ans, le tribunal a finalement condamné l'homme à six ans de prison, tandis que son ex-compagne était libérée avec l'espoir de se reconstruire : "J'ai plein de choses à rattraper. Je veux travailler avec des associations pour partager mon expérience," a-t-elle déclaré.







