Le week-end dernier, la maîtrise de Radio France a célébré ses 80 ans avec des concerts à Paris. Cependant, un collectif d'anciens choristes, formé suite à des révélations d'abus sexuels, pointe du doigt les violences subies par des enfants dans cette institution. Leur message est clair : ils ne veulent pas célébrer tant que la reconnaissance et la protection des victimes ne sont pas prioritaires.
Le collectif « Chœurs Brisés Agir », créé en 2023, rappelle que les années de gloire de la maîtrise ont aussi été marquées par l'obscurité. Malgré des efforts pour être inclus dans les festivités, leurs appels sont restés sans réponse. Ils souhaitent avant tout que la voix des victimes soit entendue et que des mesures concrètes soient prises pour éviter de futurs abus.
La maîtrise, dirigée par Sofi Jeannin depuis 2008, a vu le jour en 1946 et est reconnue pour son excellence artistique, se produisant sur des scènes prestigieuses à travers le monde. Mais derrière la réputation, des témoignages troublants d'anciens élèves, rapportés à la commission indépendante sur l'inceste, révèlent des abus persistants. Des voix s'élèvent pour dénoncer le climat de peur et de silence qui a permis à des actes de maltraitance de se perpétuer au fil des années.
Denis Dupays, qui a dirigé la maîtrise de 1989 à 1998, est maintenant confronté à des accusations de viol sur mineur. Son parcours, entaché par des rumeurs d'abus antérieures à son arrivée, relance des interrogations sur la vigilance des institutions concernant la protection des enfants.
Le collectif a récemment publié un communiqué renfermant un appel à une prise de conscience : « Nous, le collectif Chœurs Brisés Agir, ne pouvons pas fêter les 80 ans de la maîtrise de Radio France. Malgré nos intentions, aucun contact constructif n'a été établi pour discuter des mesures de protection et de pédagogie bienveillante dans les chœurs d'enfants. »
Les membres du collectif incitent Radio France à agir de manière transparente, à prendre des dispositions pour que de tels abus ne se reproduisent plus. Leurs témoignages mettent en lumière des cas d'abus psychologiques et physiques, laissant entrevoir une ombre sur l'image d'excellence que véhicule la maîtrise.
Ils concluent avec force : « Nous ne pouvons pas célébrer cet anniversaire sans oublier les victimes. Notre engagement est de veiller sur les jeunes chanteurs d'hier, d’aujourd’hui et de demain. » Alors que le débat est relancé sur les pratiques institutionnelles, le collectif se positionne résolument auprès des victimes, appelant à une véritable réforme de la protection des enfants dans le milieu musical et au-delà.







