Près de 800 tonnes de papiers et de cartons auraient été consumées dans l'incendie qui a frappé l'usine Paprec à La Riche près de Tours, ce jeudi 9 avril 2026. Plus de quinze heures après le déclenchement, les pompiers continuent leur combat contre les flammes.
Le 10 avril 2026, une épaisse couche de cendres recouvre les équipements de secours, tandis que la colonne de fumée qui s'élève au-dessus de la ville de Tours a changé de couleur, passant du noir au gris. Une quinzaine d'heures se sont écoulées depuis qu'un incendie a ravagé une partie de l'usine de recyclage Paprec.
Dans la nuit, près de soixante pompiers équipés d'une quinzaine de camions ont lutté contre le feu au milieu des balles de papier et de la tôle endommagée par les flammes. Mort de fatigue, le commandant Philippe Breton, chargé des opérations de secours, explique : « Il n'est pas maîtrisé ; une partie continue de brûler sous le hangar. Nous avons deux lances en action pour abaisser la température. C'est un combat qui s'inscrit dans la durée, une extinction qui ne se mesure pas en heures, mais en jours. »
Selon nos informations, environ 800 tonnes de papiers et de cartons étaient stockées sur le site au moment du sinistre, une quantité impressionnante accentuée par un léger vent qui a favorisé la propagation du feu. Cependant, ce chiffre n'a pas encore été confirmé par Paprec, qui n'a pas souhaité s'exprimer vendredi.
Les températures restent élevées
Toutes les pistes sont explorées pour déterminer les origines de l’incendie, mais l’hypothèse la plus probable évoque une pile de lithium ou un composant semblable, ayant pu être perforé lors de la manipulation des balles de papier du côté ouest de l'usine.
« Ce serait une grosse bûche compacte, or l'entreprise repose sur un empilement de papier avec des microvolumes d'air, ce qui peut conduire à une combustion prolongée : il faut humidifier à cœur et écarter le papier », souligne le commandant Breton. Les fumerolles jaillissant des blocs noircis en extérieur montrent bien la menace d'une reprise d'incendie.
Encore en action vendredi dans la zone industrielle Saint-Côme, les pompiers tentaient de maîtriser les flammes visibles depuis la rue, arrosant sans relâche les foyers et écartant les déchets déjà mouillés. « Pendant environ dix heures, il y a des endroits où nous n’avons pas réussi à descendre en dessous de 200 degrés », a-t-on précisé sur place, soulignant la gravité de la situation.
Des bâtiments gravement endommagés
Une partie de la structure sud de l'usine Paprec a été ravagée par les flammes, déformée par la chaleur extrême. Plusieurs murs se sont effondrés, et il serait prématuré de dresser un bilan complet à ce stade. « Pour l'instant, c'est un peu un miracle que cela tienne encore, nous restons vigilants », a indiqué le commandant Breton, précisant que la protection des presses hydrauliques sur place représentait un enjeu crucial.
D’après une estimation fournie par le service départemental d’incendie et de secours, un tiers des 3 500 m2 de l'entrepôt de Paprec aurait été affecté.
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