Eurelec, la centrale d'achat européenne du géant français E.Leclerc, vient d'être frappée d'une amende dépassant les 33 millions d'euros suite à des violations dans ses négociations commerciales avec divers fournisseurs français. Cette sanction, annoncée le 16 février par la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), souligne l'importance du respect des délais dans les échanges commerciaux.
Selon la DGCCRF, « une amende de 33 537 615 euros a été imposée » à la société Eurelec Trading SCRL pour avoir manqué à ses obligations de signer les contrats aux dates requises. Ainsi, la centrale devait finaliser ces accords au plus tard le 1er mars 2025, mais a été trouvée en défaut à 70 reprises.
Eurelec, qui opère depuis Bruxelles et inclut également d'autres poids lourds comme Rewe et Ahold Delhaize, a déjà fait face à des amendes considérables, notamment celle de 38 millions d'euros imposée en 2024 pour des infractions similaires. Cela fait suite à une autre amende de 6,34 millions d'euros, résultant d'abus notables dans le domaine des négociations commerciales.
La DGCCRF rappelle que « toute négociation concernant des produits destinés à la vente en France doit se conformer aux règles établies dans le code du commerce », rappelant ainsi les standards de protection qui encadrent les échanges entre distributeurs et fournisseurs.
Des négociations difficiles et controversées
Le processus de négociation, traditionnellement intense, se déroule chaque année du 1er décembre au 1er mars. Cette période est cruciale, car elle détermine les prix finaux des produits dans les rayons, en dehors de ceux portant la marque des distributeurs. Les centrales européennes sont fréquemment critiquées pour un apparent contournement des lois françaises, un sujet qui crée souvent des tensions au sein du secteur.
Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, a récemment défendu les pratiques de sa centrale, déclarant dans une émission de Public Sénat que ces négociations étaient nécessaires pour faire face aux géants mondiaux. Il a réfuté l'idée que Eurelec échappait aux lois françaises, qualifiant les critiques de « baratin politique ». Selon lui, cette vision biaisée ne tient pas compte de l'engagement du groupe envers les agriculteurs.
En réponse aux accusations d'Annie Genevard, qui soutient que la grande distribution pratique un « chantage mortifère » sur les acteurs de l'agroalimentaire, Leclerc n'a pas manqué d'exprimer son désaccord. Il affirme qu'il n'existe pas de litiges en cours concernant le respect des normes agricoles, tout en rappelant que les géants comme Nestlé et Unilever ne représentent pas forcément les intérêts des agriculteurs français.







