Dans un climat économique et géopolitique instable, le secteur du luxe fait preuve de prudence pour 2026. Bernard Arnault, le PDG de LVMH, a récemment déclaré que l'année passée a été "agitée", ajoutant que les prévisions pour l'avenir sont tout aussi préoccupantes. "À court terme, il est difficile de se prononcer", a-t-il affirmé lors de la présentation des résultats de son groupe à la fin janvier.
En 2025, LVMH a enregistré une baisse de son bénéfice net de 13%, atteignant 10,9 milliards d'euros, due en grande partie à la surtaxe imposée aux grandes entreprises pour soutenir les finances publiques françaises. Le chiffre d'affaires du groupe est également tombé à 80,8 milliards d'euros, soit une baisse de 5% par rapport à l'année précédente.
"Avec la continuation des crises géopolitiques et l'incertitude économique, il y a de quoi être réservé", a souligné Arnault, faisant écho aux doutes partagés par d'autres acteurs du secteur.
De son côté, Hermès n’est pas en reste. Son gérant, Axel Dumas, a fait part de son incertitude sur les marchés, précisant la difficulté d'établir des projections précises pour 2026. "À chaque période, on constate qu'il y a un pépin quelque part", a-t-il déclaré. Bien que les ventes aient augmenté de 5,5% à 16 milliards d'euros chez Hermès, le bénéfice net a quant à lui chuté de 1,72% à 4,5 milliards d'euros, également affecté par la surtaxe.
Dans un contexte où la consommation chinoise marque le pas, une étude de Bain & Company a révélé que 2025 a été marquée par un "recalibrage" des attentes des consommateurs, favorisant les expériences aux achats matériels. Alors que les marques de luxe tentent de s'adapter, Luca de Meo, le directeur général de Kering, évoque également un ralentissement des dépenses en Chine, soulignant que "la boulimie de consommation" d'il y a dix ans appartient au passé.
Pourtant, Bernard Arnault se dit optimiste à moyen terme, affirmant que le désir pour des produits de qualité élevés est intrinsèquement lié à l'évolution des niveaux de vie.
Ainsi, bien que les incertitudes demeurent, les résultats des géants du luxe, tels que LVMH, Hermès et Kering, montrent qu'ils naviguent dans des eaux troubles tout en maintenant une lueur d'espoir pour l'avenir.







