Pour la première fois depuis 1964, le Salon de l'agriculture 2026 se tiendra sans la présence de vaches, un événement sans précédent qui a suscité une vive controverse. La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a cherché à rassurer le public en affirmant qu'il n'existe « pas de risque sanitaire » d’amener des bovins au salon en raison de l’épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Pourtant, cette assurance n'a pas suffi à convaincre certains éleveurs qui ont décidé de maintenir leur boycott.
Les organisations de sélection des races bovines ont préféré s'abstenir et ont exclu la participation symbolique de quelques animaux, dont Biguine, une vache brahmane provenant de Martinique qui devait être mise en avant. La décision a été saluée par certains comme étant la plus responsable dans le contexte d'une épidémie qui continue d'affecter certaines régions du pays.
La ministre a souligné dans une interview sur Europe 1 que « 90% du territoire national est désormais indemne », mais les éleveurs restent « terrifiés par les risques qu’ils encourraient ». « Des formations syndicales et politiques ont appelé au boycott pour créer le désordre », a-t-elle déploré, ajoutant que certains voyaient dans cette décision un moyen de faire pression sur le gouvernement.
Le département de l'Ariège, par exemple, a annoncé qu'il ne participera pas au Salon cette année, en raison des « conditions particulièrement difficiles » liées à l'épidémie de DNC, affirmant qu'il serait « malvenu de faire la fête au salon à Paris ». Alain Penaranda, un agriculteur local, a exprimé son indignation face à la situation, arguant que « la santé de nos animaux est notre priorité ».
Les conséquences de cette épidémie sur la filière bovine soulèvent des questions complexes. Comme l’a expliqué un vétérinaire spécialiste de la santé animale, « le fait de ne pas pouvoir présenter nos animaux affecte non seulement notre visibilité, mais également notre dynamique commerciale ». La situation semble donc créer une rupture entre les attentes du public et les réalités du terrain, facteurs cruciaux à prendre en compte dans les discussions futures concernant la sécurité sanitaire des animaux. Le Salon de l’agriculture, qui se déroulera du 21 février au 1er mars 2026, s’annonce donc comme un point tournant dans les relations entre agriculteurs, éleveurs et pouvoirs publics.







