Le Mercosur menace l’élevage français : l’alerte des éleveurs bretons

Les éleveurs bretons s’alarment face à la hausse des imports de viande.
Le Mercosur menace l’élevage français : l’alerte des éleveurs bretons
Gwen Duval, 23 ans, a rejoint son père Thierry dans l’élevage de limousines situé à Guilliers (Morbihan). |  OUEST-FRANCE

« Vous ne pouviez pas mieux tomber pour parler du Mercosur. Nous sommes en pleine prophylaxie (mesures de prévention des maladies), des choses que vous ne verrez pas au Brésil », déclare Thierry Duval, éleveur de volailles et de bovins à Guilliers, dans le Morbihan. Cette assertion met en lumière les préoccupations croissantes des éleveurs bretons face à l’accord de libre-échange qui, selon eux, risque de compromettre leur activité.

Les éleveurs français, pour la plupart, se conforment à un bilan sanitaire rigoureux afin de prévenir des maladies telles que la brucellose ou la fièvre aphteuse. Thierry Duval, également vice-président de la Fédération nationale bovine, souligne que « ici, les animaux sont traçables, alors qu’au Brésil, l’usage d’antibiotiques comme activateurs de croissance est courant ». Des substances comme la bacitracine, interdites en France, continuent d’être utilisées dans les pays du Mercosur.

Une étude de l’Institut de l’élevage (Idele) parue en 2024 confirme « l’absence de traçabilité individuelle dans ces régions », ce qui entrave les contrôles sanitaires. Les différences de régulation s’étendent également aux pesticides, nombreux à être prohibés en Europe mais autorisés au Mercosur, ainsi qu’à la question cruciale du bien-être animal. Les coûts de production dans ces pays sont en moyenne « inférieurs de 40 % à ceux des élevages européens », ce qui crée un déséquilibre défavorable pour les éleveurs français.

En attendant, la situation est devenue préoccupante pour les professionnels du secteur. Thierry Duval s’attend à un « cataclysme », alors que l’accord prévoit un contingent supplémentaire de 99 000 tonnes de viande bovine, s'ajoutant aux déjà 58 000 tonnes importées. « Ces volumes vont principalement impacter les morceaux les mieux valorisés, représentant un marché de 400 000 tonnes pour nos races à viande », explique-t-il.

Gwen Duval, qui a rejoint son père sur l’exploitation à seulement 23 ans, exprime son inquiétude : « Si nos craintes se confirment, nous devrons peut-être vendre des bêtes et réduire notre cheptel ». Les éleveurs se voient donc menacés dans une contradiction alarmante : l'accord de libre-échange pourrait conduire à la disparition d’emplois précieux alors que la France a déjà connu une diminution d’un million de bovins en dix ans. Les représentants du secteur s'interrogent : quelles solutions pourraient être mises en place pour protéger l’élevage français ? La réponse reste incertaine, mais l'avenir est plus que jamais en suspens.

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