Le marché automobile français est confronté à une crise persistante, alors que les ventes de voitures neuves enregistrent une contraction continue. En 2025, les immatriculations sont tombées à 1.632.154, un déclin significatif par rapport aux 2,2 millions de ventes en 2019, marquant une perte de près d'un quart du marché en seulement six ans. Selon des analystes d'AAA Data, les ventes ont reculé de plus de 5% par rapport à l'année précédente.
Cette crise est amplifiée par une inflation élevée et un climat d'incertitude politique qui incitent de nombreux consommateurs à reporter l'achat d'un nouveau véhicule. Emmanuel Barbe de La Plateforme automobile (PFA) a souligné que cette situation a des conséquences néfastes non seulement pour les constructeurs automobiles, mais aussi pour leurs fournisseurs et l'industrie métallurgique, qui dépend fortement du secteur automobile.
En ce qui concerne les marques, Stellantis, qui inclut Peugeot et Citroën, a enregistré une baisse de 7%, tandis que Renault a connu une légère hausse de 1,2%, notamment grâce à sa marque Alpine. Ensemble, ces deux groupes représentent une part significative du marché, dominé par des modèles tels que la Renault Clio V et la Peugeot 208 II.
Tandis que les Français choisissent de plus en plus la location longue durée au lieu d'achats directs en raison de la hausse des prix, la moyenne des véhicules essence a enregistré une baisse de 4,6% à 25.657 euros. Parallèlement, le secteur des véhicules électriques a connu une progression de 12%, atteignant 20% de parts de marché, soutenue par des mesures incitatives du gouvernement. Cependant, certains experts, comme ceux d'AAA Data, mettent en garde contre l'idée que cette augmentation ne représente pas un véritable dynamisme du marché, mais plutôt un effet mécanique des aides gouvernementales.
Au niveau européen, les ventes de voitures 100% électriques ont également augmenté, atteignant 16,4% sur les dix premiers mois de 2025. Cependant, même avec cette tendance, le marché français fait face à des défis de taille. L’analyste automobile Jean-Pierre Rosenthal explique que le recul des ventes de Tesla en France, avec une baisse de 37,5%, indique des changements dans les préférences des consommateurs. Pour les amateurs de technologie, l'arrivée du constructeur chinois BYD, qui pourrait bientôt surpasser Tesla en termes de ventes, pourrait changer la donne.
Alors que le marché continue de naviguer à travers cette tempête économique, les acteurs locaux espèrent des mesures supplémentaires pour relancer les ventes et soutenir l'économie automobile française.







