Un retour au calme des prix était anticipé. Avec la baisse des prix énergétiques, notamment ceux des carburants suite à un accord de paix au Moyen-Orient en mi-juin, l'inflation dans la zone euro est retombée à 2,8% sur un an, en baisse par rapport aux 3,2% d'avril.
Une fois de plus, la France se distingue avec un taux d'inflation de seulement 2%, juste derrière Malte à 1,9%, selon les données d'Eurostat. Il s'agit d'une performance remarquable dans le contexte européen.
Bien que les prix aient légèrement augmenté, en 2025, la consommation en France a crû de 0,9%, contrairement à une hausse de 2,1% dans la zone euro, avec des pays comme l'Allemagne à 2,3% et l'Espagne à 2,7%.
Cette situation résulte d'une absence de mesures généralisées pour contrôler les prix des hydrocarbures en France, comme l'a précisé l'Insee. Le pays se trouve davantage affecté par les fluctuations des prix du pétrole, notamment à cause de son parc automobile plus tourné vers le diesel.
Énergie nucléaire et concurrence dans la grande distribution
Selon l'Insee, cette tendance à la baisse de l'inflation devrait perdurer en 2026, grâce à des facteurs structurels de l'économie française. Le mix énergétique français, dominé par le nucléaire, réduit sa dépendance aux importations de gaz. Cela permet de maintenir des prix de l'énergie, et en particulier de l'électricité, plus stables que chez les voisins.
Les prix alimentaires, moins volatils en France, s’inscrivent aussi dans cette tendance, comme le confirme l'Insee. La France, grande puissance agricole d'Europe, est moins exposée aux variations des marchés mondiaux grâce à un réseau de distribution très compétitif. Des acteurs comme Leclerc, Auchan et Carrefour font face à une guerre des prix continue, ce qui aide à maintenir des prix bas.
Éric Dor, directeur des études économiques à l'IESEG School of Management, souligne l'importance d'une modération salariale qui limite les effets d’inflation à long terme. Moins cette modération est présente, plus il y a de risques de spirale inflationniste liée à la hausse des salaires.
Dans ce contexte, les salaires en France ont augmenté de seulement 1,3% entre fin 2024 et fin 2025, bien en dessous des augmentations observées dans d'autres pays d'Europe. Cela contribue à limiter les risques d'inflation généralisée sur le long terme.







