Ce vendredi, Jean Castex, président de la SNCF, a adressé un message à ses 150 000 employés : "Merci pour votre engagement durant cette canicule. Prenez soin de vous." Bien que bienveillant, ce message ne suffit pas à atténuer le malaise grandissant chez les employés, notamment les chefs de bord et conducteurs.
La canicule ne fait qu'accentuer des conditions de travail déjà difficiles, exacerbées par des réorganisations constantes, une pression accrue pour la productivité et l’ouverture à la concurrence. Les témoignages de cheminots recueillis par BFM Business sont alarmants : "Ça craque de partout", témoigne un chef de bord. "Le climat social est tendu, et cela empire avec les conditions actuelles. Les demandes de concertation augmentent, signes potentiels d’un mouvement de grève à venir."
Des défis logistiques insurmontables
Un cheminot évoque la réalité de son quotidien : "On doit distribuer 200 bouteilles d’eau tiède pour 500 passagers. Les voyageurs, souvent épuisés par la chaleur, se retrouvent en situation difficile, exacerbée par des retards chroniques." Le cheminot ironise : "On a eu le droit d’enlever la veste..." Au fond, le mal-être au travail se fait sentir : "On aime notre entreprise, mais on ne la reconnaît plus. Il y a un vrai malaise, surtout avec les équipements défaillants que nous avons parfois à gérer."
Les conducteurs, quant à eux, se trouvent à l'abri des tensions dans certains cas grâce à des rames équipées de climatisation. Cependant, d'autres constatent que si les systèmes de climatisation fonctionnent, ils sont souvent à la peine : "Parfois, ça marche à peine, ou ça tombe en panne. Sans clim, c'est l'enfer. La situation est vraiment difficile à gérer," confie un conducteur qui préfère garder l’anonymat.
Une réponse insuffisante des dirigeants
Karine Dussert-Sarthe, la nouvelle responsable des TGV et Intercités, a également tenté de rassurer en soulignant l'importance du volet humain durant ces périodes critiques. Son mail adresse la nécessité d’aménagements pour garantir le bien-être des équipes. "Je vous remercie pour votre implication et vous encourage à prendre soin de vous et de vos collègues durant cette période difficile," indique-t-elle.
Cependant, pour de nombreux cheminots, cette approche de "câlinothérapie" semble insuffisante face à des difficultés aussi importantes. Les témoignages anonymes de BFM Business révèlent un quotidien éprouvant, reflétant un besoin urgent d'améliorations structurelles pour protéger les droits et la santé des employés de la SNCF.







