Après trois longues années de batailles judiciaires, Jeannine et Claude, un couple de retraités originaires de Loire-Atlantique, se retrouvent aujourd'hui à porter plainte contre l'État. Ils dénoncent les délais incroyablement longs qui entourent leur litige concernant l'accès à leur mobil-home à Préfailles, un conflit né d'un simple malentendu au camping.
Un conflit surprenant
Tout a commencé le 7 octobre 2022, lorsque Claude a mal garé son véhicule sur un emplacement qui ne lui appartenait pas. Après une discussion houleuse avec le gérant, Claude a fait une remarque légère : "Tu es un peu casse-couilles, hein ?" (source : Ouest-France). Ce simple échange aAbouti à une lettre de non-renouvellement de leur contrat de location, justifiée par un "manque de respect".
Propriétaires de leur mobil-home depuis deux ans, ils ont saisi la justice en mars 2023 après une médiation infructueuse, mais le rythme des procédures s'est révélé désastreusement lent. Le couple sera contraint d'attendre jusqu'en mars 2025 pour que la cour d'appel de Rennes reconnaisse la légitimité de la Fédération nationale des propriétaires de résidences de loisirs (FNPRL) à les représenter. La date de leur audience finale est programmée pour le 14 mars 2028, laissant leur mobil-home inoccupé durant près de cinq ans. "Il sera probablement en désordre lorsqu'on pourra y accéder de nouveau," regrette Jeannine.
Une colère face à l'inertie judiciaire
Leur avocat, Me Bertrand Salquain, a eux-même pris l'initiative d'assigner l'État en justice. "C'est une démarche consistant à contester les décisions du tribunal qui a mis en œuvre des délais aussi déraisonnables," souligne-t-il. Les retraités réclament une compensation pour "trouble à la jouissance" et "préjudice moral", estimée entre 8 000 et 12 000 euros. "Est-ce vraiment normal de prendre quatre années pour trancher sur un litige de camping ?" s'indigne avec force leur avocat.
Une nouvelle demande pour accéder à leur mobil-home a été envoyée début mai, mais le gérant reste silencieux. "Il semble faire tout son possible pour nous faire abandonner. C'est épuisant pour nous," confie Jeannine, visiblement affectée par cette situation.







