"Une chaleur comme ça en mai...": cette vague de chaleur précoce, sans précédent, s'amplifie déjà sur le territoire français. Les températures dans l’ouest et l'agglomération parisienne atteignent des sommets rarement observés à cette période, un reflet clair du réchauffement climatique.
François Gourand, prévisionniste à Météo-France, a déclaré à l’AFP que cet "épisode de chaleur précoce et remarquable" devrait perdurer jusqu'au week-end, en raison d’un "dôme de chaleur" qui retient les masses d'air chaud provenant d'Afrique du Nord.
Pour Gourand, cette situation résulte de la montée des températures mondiales, rendant ce type de chaleur "non seulement possible, mais même probable". Cela marque un tournant par rapport aux températures jugées impossibles il y a quelques décennies.
La vigilance jaune pour canicule a été élargie à 18 départements, avec des prévisions d'accélération de ce nombre dès mardi, une première dans l’année en matière d’alerte précoce sur la santé publique liée à la météo.
Les climatologues anticipent une multiplication des vagues de chaleur, qui deviendront plus fréquentes et intenses, conséquence directe du changement climatique actuel.
Face à cette situation inédite, les Français s’adaptent. Danièle Dupont, 74 ans, qui promenait son chien à Rennes, exprimait sa surprise : "Je vais fermer les volets et je ne sortirai pas cet après-midi".
Dans les Landes, cette montée soudaine des températures a des effets bénéfiques sur les cultures de printemps, comme le souligne Michel Larrère, président de la FDSEA : "Les terres étaient humides, et cette chaleur crée des conditions très favorables pour les cultures".
À Meynes, dans le Gard, le viticulteur Jean-Louis Portal observe également les bénéfices de ce climat, avec une avance de quinze jours sur la floraison de certains cépages. "Les vendanges des cépages blancs pourraient commencer au début d’août, plutôt qu’après le 15 août comme l’an passé", anticipe-t-il.
Les températures continuent de grimper : on prévoit jusqu'à 34°C à Nantes et Rennes. Météo-France indique que presque tout le pays, à l'exception des côtes nord et méditerranéennes, connaîtra des maximas dépassant les 30°C.
Cette anomalie est également ressentie au Royaume-Uni, où la température a atteint 33,5°C près de Londres, battant les précédents records de mai datant de 1922 et 1944.
Dimanche dernier, plusieurs stations en France ont enregistré des températures record pour mai, avec Bergerac culminant à 33,8°C. Face à cette situation, le ministère des Sports a émis un appel à la prudence pour les activités extérieures;
L'exemple en est Bernard Siffert, 66 ans, qui a changé ses horaires de footing pour éviter la chaleur : "J'ai couru à 7h au lieu de 10h". De plus, sa sortie prévue à Saint-Malo se fera en fin de journée pour la sécurité de sa famille.
Durant le week-end dernier, la situation s'est aggravée, avec des incidents sportifs liés à la vague de chaleur, y compris le décès d'un participant à une course à Paris.
Des problèmes ont également été notés après des interventions liées à l'usage illégal des bouches d'incendie, qui ont exposé les secours à des attaques. La préfecture de Seine-et-Marne rappelle que ces actes sont non seulement dangereux mais compliquent également l’effort des pompiers.







