Si le détroit d'Ormuz reste bloqué, 45 millions de personnes pourraient bientôt faire face à la famine, comme l'a indiqué Jorge Moreira da Silva, responsable d'un groupe de travail de l'ONU. Cela inquiète particulièrement la communauté internationale qui voit poindre une nouvelle crise alimentaire mondiale.
Suite à l'invasion de l'Ukraine, les agriculteurs sont désormais confrontés à une flambée des prix des engrais, une situation exacerbée par les tensions militaires entre les États-Unis, Israël et l'Iran.
Le rôle clé du Qatar
En réponse aux hostilités, l'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, un axe vital pour le transport mondial de carburant et d'engrais. Cette décision a obligés de nombreux agriculteurs à revoir leurs plans, mettant en péril les récoltes. Les approvisionnements en urée, un engrais clé provenant de la plus grande installation au monde, située au Qatar, ont été gravement perturbés, réduisant encore les flux nécessaires à une production alimentaire stable.
Toujours pas d'accord en vue
Le dialogue entre les États-Unis et l'Iran stagne, rendant la situation encore plus pressante. Donald Trump a décrit dimanche la réponse iranienne à ses propositions comme "totalement inacceptable". Sans avancées réelles, la fermeture du détroit d'Ormuz persiste, faisant grimper les prix du pétrole et aggravant la situation économique mondiale.
Depuis le début du conflit, les augmentations des prix des engrais ont été vertigineuses, l'urée ayant enregistré les plus fortes hausses en raison de l'absence d'un tiers des volumes habituellement échangés dans cette région.
Des effets en cascade
Ces hausses de prix pèsent lourd sur de nombreux producteurs, menaçant de provoquer une crise d'approvisionnement alimentaire à l'échelle mondiale. Les engrais azotés, particulièrement l'urée, sont cruciaux pour les rendements, influençant la qualité des récoltes, notamment la teneur en protéines du blé. En France, le gouvernement incite la grande distribution et l'industrie à établir un "dialogue constructif" pour gérer l'impact des hausses de coûts sur les prix alimentaires.
Les analystes, comme Shawn Arita de l'Université d'État du Dakota du Nord, soulignent que la situation actuelle pourrait s'avérer "bien plus grave" que les crises antérieures, y compris celle qui a suivi l'invasion de l'Ukraine. La nécessité d'une solution rapide est donc plus urgente que jamais pour éviter une escalation des souffrances humaines à l'échelle mondiale.







