Ce lundi 11 mai, la Chine a annoncé un bond inattendu des prix des marchandises à la sortie des usines pour le mois d'avril, atteignant des maxima non observés depuis 2022, et ce, principalement en raison des combats au Moyen-Orient.
Près d'un cinquième de l'approvisionnement mondial en hydrocarbures transite par le détroit d'Ormuz, actuellement perturbé par Téhéran et les mesures américaines, entraînant une hausse des prix du pétrole et des complications pour les approvisionnements énergétiques mondiaux. Selon le Bureau national des statistiques (BNS), l'indice des prix à la production (IPP) en Chine a enregistré une hausse de 2,8 % sur un an en avril.
Cette augmentation représente le taux le plus élevé depuis juillet 2022 et marque une nette amélioration par rapport aux +0,5 % enregistrés en mars. Les analystes de Bloomberg s'attendaient à une hausse modeste de 1,8 %.
Une forte hausse dans l'extraction de pétrole
Pour la deuxième fois consécutive, l'indice IPP est passé au-dessus de zéro après plus de 40 mois de baisse. Selon Dong Lijuan, statisticienne au BNS, "l'augmentation des prix du pétrole brut au niveau international influence directement les coûts dans le secteur pétrolier en Chine".
"L'augmentation des prix du pétrole brut a donc mécaniquement engendré des hausses dans les secteurs liés à l'extraction de pétrole et de gaz naturel, qui ont vu des augmentations respectives de +18,5 % et +16,4 % en un mois," a ajouté Dong Lijuan.
En parallèle, l'indice des prix à la consommation (IPC), la principale mesure de l'inflation pour les consommateurs, a également connu une hausse inattendue à +1,2 % sur un an en avril, selon le BNS. Cela est supérieur aux attentes des analystes qui prévoyaient une hausse de 0,9 %.
Ce niveau d'inflation reste préoccupant pour les ménages, qui voient leur pouvoir d'achat affecté. Dong Lijuan souligne que "les fluctuations des prix du pétrole brut sur le marché international continuent de jouer un rôle crucial dans l'inflation".
Un phénomène limité?
Les autorités chinoises cherchent à réorienter leur économie vers la consommation intérieure, un domaine qui devrait jouer un rôle fondamental pour la croissance. Malgré ces efforts, la Chine lutte encore pour retrouver un dynamisme comparable à celui d'avant la pandémie de Covid-19, faisant face à des pressions déflationnistes, à la faiblesse des dépenses des ménages et à une crise immobilière persistante.
Bien que les tensions résultant de la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran aient provoqué une flambée des prix en avril, certains experts estiment que ces effets pourraient être passagers. Le cabinet Capital Economics conclut que "les pressions sur les prix demeurent faibles et ne devraient pas induire une inflation généralisée," évoquant des surcapacités persistantes dans de nombreux secteurs et une demande intérieure atone en Chine.







