Les néobanques, qui connaissent un fort développement en zone euro, se distinguent par leur capacité à adapter rapidement les taux de rémunération des dépôts, suite aux décisions de la Banque centrale européenne (BCE). Selon une étude menée par l'économiste Katarzyna Budnik, cette flexibilité pourrait avoir des conséquences significatives sur la politique monétaire et la stabilité financière.
Entre 2022 et 2023, la BCE a opéré un resserrement monétaire, faisant grimper le taux de référence des dépôts de -0,5% à 4,0%. Dans ce contexte, les néobanques ont réagi en augmentant plus rapidement et plus fortement les taux offerts aux épargnants, afin de retenir leurs clients face à une concurrence croissante. À contrario, leur hausse des taux de crédit est restée modérée, ce qui a eu pour effet de comprimer leurs marges, comme l’explique Budnik. Ces ajustements sont d'autant plus marquants que cette analyse repose sur un panel de plus de 170 néobanques.
L'inflation, alimentée par des facteurs externes tels que l'invasion de l'Ukraine par la Russie, a conduit les autorités monétaires à réagir vigoureusement. Durant la phase d'assouplissement monétaire prévue entre septembre 2024 et juin 2025, les banques numériques devraient également réduire plus rapidement les taux sur les dépôts, un choix stratégique visant à maintenir leur compétitivité sur le marché.
Au-delà de la simple question des taux, cette dynamique soulève des interrogations sur la capacité des néobanques à naviguer dans un environnement économique incertain. En effet, ces établissements sont souvent plus petits et dépendent davantage des commissions, ce qui les rend plus vulnérables aux variations des marges. Ces éléments seront cruciaux lors des futurs tests de résistance, toujours selon Budnik, et il est primordial de considérer comment ces ajustements rapides influencent non seulement la rentabilité des néobanques, mais également la stabilité globale du système financier.







