Un jury civil fédéral aux États-Unis a rendu un verdict décisif le 15 avril, établissant que Live Nation, la société mère de Ticketmaster, avait abusé de sa position dominante en surfacturant les consommateurs lors de concerts. Cette décision pourrait menacer la future existence du géant du divertissement, alerte The Los Angeles Times.
Cette “défaite judiciaire” pour Live Nation survient après plusieurs jours d’examen minutieux de ses pratiques commerciales. En effet, le jury a trouvé que le géant de la billetterie avait indûment pressé les salles de spectacle de ne recourir qu’à Ticketmaster pour leurs besoins en billetterie, augmentant ainsi les coûts pour les consommateurs.
Le verdict demeure un tournant potentiel ; selon The Verge, il pourrait ouvrir la voie à un démantèlement de Live Nation, un objectif que le ministère de la Justice, sous l'ère Biden, avait initialement visé. Les jurés ont également déclaré que Ticketmaster avait surfait d’environ 1,72 dollar par billet dans les grandes salles, exploitant sa position de quasi-monopole.
Un colosse dominant le marché du spectacle vivant
Les 33 États qui ont poursuivi Live Nation soutiennent que la fusion entre Live Nation et Ticketmaster en 2010 a conduit à un monopole crucial dans les domaines de la promotion de spectacles, de la gestion de salles et de la vente de billets. Le Wall Street Journal rapporte que la part de marché de Live Nation dans ces domaines dépasse 70 %.
Le juge Arun Subramanian, qui a hérité de ce dossier en mai 2024, devra envisager diverses mesures correctives, allant potentiellement de la vente de salles de concerts à une désintégration de Ticketmaster. “Quel que soit le jugement, ce sera sans aucun doute un point de basculement dans l’industrie du spectacle, estimée à plusieurs milliards de dollars,” note Le New York Times.
En effet, Live Nation a organisé 55 000 événements et vendu 646 millions de billets en un an. Des preuves présentées au procès montrent que Ticketmaster pourrait vendre jusqu'à dix fois plus de billets que son concurrent principal, AEG.
Un verdict “embarrassant” pour l’administration Trump
Ce jugement est aussi vu comme un “échec embarrassant pour l'administration Trump,” qui avait négocié un règlement à l'amiable avec Live Nation, acceptant des concessions jugées négligeables par les critiques, comme l’indique Axios.
Malgré cela, 33 États ont choisi de poursuivre leur action. Le procureur général de Californie, Rob Bonta, a qualifié ce verdict d'“historique”, soulignant que cet effort des États est crucial face à l'inaction au niveau fédéral concernant les lois antitrust.
Selon Axios, les conclusions des jurés devraient encourager d'autres procureurs à lancer des actions similaires contre d'autres entreprises reconnues pour des pratiques anticoncurrentielles.







