Comment améliorer l'offre de soins en Sarthe ? Ce sera le thème central d'une réunion publique prévue le jeudi 16 avril au Mans. Médecins, infirmiers et universitaires se réuniront pour explorer des solutions face à un problème croissant de l'accès aux soins dans ce département, touché par la même problématique que d'autres régions françaises.
Selon une étude menée par Arnaud Chéron, professeur en économie de la santé à l’Université du Mans, environ 60 000 habitants en Sarthe n'ont pas de médecin traitant. Bien que les nouvelles installations de généralistes aient dépassé le nombre de départs à la retraite, comme l'indique le président du conseil de l'ordre des médecins de la Sarthe, la situation reste préoccupante.
Seulement 6% des médecins sarthois prennent de nouveaux patients
L'analyse montre qu'uniquement 6 % des médecins en Sarthe acceptent de nouveaux patients, un chiffre alarmant comparé à d'autres régions comme le Maine-et-Loire, où ce taux approche les 20 %, et Paris, qui frôle les 50 %. Arnaud Chéron souligne que cette faible proportion résulte non seulement d'une pénurie de praticiens, mais également de facteurs démographiques. "Une population plus âgée et des comportements à risque, par exemple, aggravent la pression sur les ressources médicales", explique-t-il.
Téléconsultation et infirmiers en pratiques avancées
Face à cette situation critique, l'étude recommande d'encourager l'usage de la téléconsultation, qui en France représente moins de 5 % des consultations, contre 20 % à l'international. De plus, elle préconise d'élargir le rôle des infirmiers en pratiques avancées (I.P.A.) pour alléger la charge des généralistes. Ces professionnels pourraient gérer des cas courants tels que le suivi de pathologies chroniques, permettant aux médecins de se concentrer sur des cas plus complexes.
Un reste à charge plus important pour les patients
Néanmoins, certains médecins s'inquiètent de ce "tri sélectif" qui pourrait pondérer leur rôle traditionnel de soignants. "Les consultations nécessitant plus de temps doivent être mieux rémunérées", plaide Arnaud Chéron, qui propose de revaloriser la consultation en présentiel. "Une augmentation de 10 euros pourrait faire partie d'un nouveau modèle économique, avec la possibilité d'un reste à charge accru pour le patient". Un sondage révèle que 90 % des patients acceptent cette idée, surtout en fonction de leurs revenus.
Une hausse du nombre de médecins attendue mais pas suffisante selon les experts
Avec la levée du numérus clausus en 2020, on espère voir une augmentation de 40 % du nombre de médecins formés d'ici 2040. Pourtant, Arnaud Chéron précise que cette hausse ne réglera pas les défis actuels. "La durée de travail des médecins diminue, surtout chez les moins de 50 ans, pouvant limiter l'impact de cette augmentation". Par ailleurs, le vieillissement de la population entraînera une demande accrue de soins, maintenant ainsi la pression sur un système déjà fragile.







