Andy Corriher, un agriculteur du sud-est des États-Unis, exprime son désarroi face aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur sa ferme. « Nous avons besoin d'engrais, dont les prix s'enflamment et dont la disponibilité diminue », confie-t-il à l'AFP.
Depuis que Téhéran a décidé de bloquer le détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour le commerce d'hydrocarbures, les prix des engrais ont grimpé en flèche, touchant de plein fouet les agriculteurs américains. Ce sont des charges substantielles pour un secteur largement républicain. En effet, lors de la présidentielle de 2024, Donald Trump a remporté l’appui dans 78% des comtés agricoles, selon l’organisation Investigate Midwest.
Récemment, Trump a pointé du doigt le monopole des engrais, déclarant: « Agriculteurs américains, nous sommes avec vous ! » En Caroline du Nord, Corriher attend toujours une livraison d'engrais azoté qu'il a commandée il y a plusieurs semaines. Le vendeur lui a avoué ne pas savoir quand il pourra livrer. Les prix, d'après lui, ont augmenté d'environ 40% depuis le début du conflit, le contraignant à réduire ses quantités d’engrais par crainte d’une baisse de rendement.
Russell Hedrick, un autre agriculteur local, s'est vu forcé de se procurer la majorité de son engrais au prix fort. « Beaucoup d'entre nous n'ont pas l'espace pour stocker suffisamment en amont », explique-t-il, tout en cherchant à minimiser ses dépenses.
Derrick Austin, un cultivateur de la même région, est abasourdi par les déclarations de la ministre de l'Agriculture, qui a affirmé que 80% des agriculteurs avaient pu acquérir leur engrais avant le conflit. Pour Austin, qui fait partie des 20% restants, le sentiment d’urgence s’est fait ressentir. Heureusement, il a pu négocier quelques tonnes d’engrais à un tarif antérieur juste avant la fermeture du détroit, mais il admet que la situation est « bouleversante ».
Chad Hart, expert en agriculture à l’université de l’Iowa, souligne que le secteur traverse une phase de récession, et ce conflit ne fait qu'aggraver cette situation déjà précaire. Il insiste cependant sur le fait que de nombreux agriculteurs ont réussi à surmonter la tempête financière sans augmenter excessivement leurs dépenses.
La moisson de 2027 pourrait poser de nouveaux défis, prévient Hart, tandis qu’Andy Corriher interpelle sur les conséquences à long terme du conflit. Pour lui, le public semble ignorant des ramifications de la guerre, et il pense que ces impacts sont souvent minimisés comme de simples « dommages collatéraux ».
Derrick Austin commence à douter des choix du président, tout en admettant qu’un gouvernement républicain est préférable au manque d'alternatives. Quant à Russell Hedrick, fidèle à Trump, il apprécie certains de ses décisions tout en reconnaissant que le président n’est pas infaillible.







