Les artisans et professionnels de l'habitat s'inquiètent de l'impact grandissant du conflit au Moyen-Orient. Ils craignent que la reprise timide du secteur du logement soit compromise. L'augmentation des prix des carburants, en particulier du gazole non routier (GNR), qu'ils utilisent pour leurs machines, est déjà une réalité préoccupante.
Jean-Christophe Repon, président de la Capeb (syndicat des artisans du bâtiment), explique : "Nos artisans réévaluent leurs chantiers et optent pour des déplacements plus économes, le gazole non routier ayant doublé. Cela rend la réalisation de projets signés à des prix antérieurs peu rentable."
Hausse des prix des matériaux
Une récente enquête menée par la Capeb auprès de 2 600 membres a révélé que 56 % des artisans ressentent déjà l'impact de l'augmentation du GNR, tandis que 65 % ont reçu des avis de leurs fournisseurs concernant les hausses tarifaires des matériaux. Laurent Beaugiraud, président du Pôle habitat de la FFB (Fédération française du bâtiment), a également souligné que certains fournisseurs commencent à négocier de nouveaux prix.
Les principaux concernés sont les produits dérivés du pétrole, tels que les bitumes et les polystyrènes, mais aussi le cuivre et l'aluminium. Christophe Boucaux, délégué général d'une fédération de promoteurs, a alerté sur le fait que "les hausses de prix Entre 2,5 % et 20 %" compromettent même des matériaux non liés directement au pétrole, comme le bois, qui peut parfois contenir des résines dérivées du pétrole.
Nécessité d'un soutien gouvernemental
Repon s'inquiète des hausses de prix qu'il considère comme injustifiées, surtout lorsqu'il observe des aides gouvernementales pour d'autres secteurs, comme la pêche ou l'agriculture, sans aucune mention pour le bâtiment. "C'est la crise de trop" dans un secteur déjà fragilisé par les intempéries de début d'année, note-t-il.
Face à une détresse croissante parmi les adhérents, une cellule de crise pour la santé mentale a été lancée par la Capeb. Beaugiraud a également précisé que la reprise de la construction de logements, qui semblait amorcée en janvier et février, pourrait subir de plein fouet les conséquences de ce conflit. En cas d'inflation accrue, les ménages pourraient également faire face à une hausse des taux d'intérêt, aggravant ainsi leur pouvoir d'achat.







