Le gouvernement cubain a fait un geste notable en annonçant la grâce de 2.010 détenus à l'occasion de la Semaine sainte. Ce communiqué a été diffusé jeudi sur la télévision cubaine, signalant un pas significatif dans le cadre des discussions avec le Vatican, qui avaient précédemment recherché la libération d'une cinquantaine de prisonniers.
Dans son annonce, le gouvernement a décrit cette mesure comme un "geste humanitaire et souverain" lié aux célébrations religieuses. Bien que la liste des prisonniers concernés n'ait pas été révélée, il a été précisé que ces derniers avaient purgé une partie significative de leur peine et avaient fait preuve d'une bonne conduite en détention.
Parmi les détenus graciés se trouvent des jeunes, des femmes et des personnes âgées, ainsi que des citoyens cubains vivant à l'étranger. En revanche, ceux condamnés pour des crimes graves, tels que les homicides et les délits sexuels, sont exclus de cette mesure.
Ce geste n'est pas isolé, car il représente la cinquième grâce accordée par le gouvernement cubain depuis 2011, soulignant une tendance à libérer des prisonniers lors de périodes de célébration religieuse. Selon Michael Bustamente, directeur des études cubaines à l'université de Miami, ces initiatives sont relativement fréquentes en période de Pâques.
Dans le contexte actuel, Cuba est confrontée à d'importantes difficultés économiques, exacerbées par les sanctions imposées sous l'administration Trump, qui ont notamment entraîné un blocus pétrolier de facto. Récemment, La Havane a confirmé engager des pourparlers avec Washington et a reçu une cargaison de pétrole par un pétrolier russe, signalant un possible assouplissement des tensions.
En mars, le gouvernement avait déjà annoncé la libération de 51 prisonniers grâce à l'intervention du Vatican. Le groupe de défense des droits humains Justicia11J a également rapporté que 14 personnes incarcérées lors des manifestations de juillet 2021 pourraient être libérées prochainement. Cette dynamique soulève des questions sur l'impact des relations internationales et des gestes humanitaires dans un climat politique tendu.
Pour Bustamente, il est envisageable que l’entrée de navires russes à Cuba soit un indice d’un rapprochement à venir entre La Havane et Washington, suggérant que le dialogue entre les deux pays pourrait évoluer positivement.







