Le gouvernement français s'engage dans une nouvelle dynamique pour renforcer les énergies renouvelables. "C'est avec fierté que je dévoile la relance des appels d'offres dans ce domaine crucial", a indiqué Maud Bregeon, la ministre déléguée à l'énergie, en présence de Roland Lescure, le ministre de l'économie. La stratégie vise à intensifier le développement de l'éolien terrestre et marin, ainsi que du photovoltaïque, domaines attendus avec impatience par les acteurs de la filière. Elle a souligné lors d'une conférence à Bercy que ces nouvelles initiatives sont essentielles pour transformer le paysage énergétique français.
Flambée des cours
Face à la flambée des prix du pétrole due à la situation au Moyen-Orient, le gouvernement souhaite inverser la tendance. L'objectif est de réduire la part des combustibles fossiles, passant de 60 % de la consommation énergétique à 60 % d'énergies décarbonées d'ici 2030. Cet effort s'inscrit dans la feuille de route énergétique de la France, présentée récemment, et soulignée par des experts de l'énergie comme Charles Beigbeder, qui voit dans cette transition une nécessité pour assurer notre indépendance énergétique.
Cette troisième Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3) prévoit également la relance du nucléaire, avec en projet la construction de six nouveaux réacteurs de type EPR2, prévu pour entrer en service en 2038. Roland Lescure a ajouté que pour sortir de la dépendance, il est crucial d'encourager le passage à l'électrique tout en augmentant la production au moyen du renouvelable et du nucléaire.
Plan très attendu
Ces nouvelles initiatives arrivent juste avant la présentation du plan d'électrification, cherchant à équilibrer une production abondante d'électricité décarbonée face à la demande qui peine à reprendre depuis la crise énergétique de 2022. Les ministres, qui visiteront le parc éolien en mer des Îles d’Yeu et de Noirmoutier, ont mis en avant les bénéfices attendus, allant de l'impact sur le pouvoir d'achat aux retombées sur l'emploi et la balance commerciale. En effet, la France dépense chaque année environ 60 milliards d'euros en importations d'énergies fossiles, une situation qui pourrait s'aggraver cette année.
120.000 emplois
La stratégie devrait également générer des économies significatives, puisque le prix de l'électricité en France est parmi les plus bas d'Europe, étant 30 à 35 % moins cher que dans d'autres pays, comme l'Italie. Selon les estimations, la PPE3 pourrait créer au moins 120 000 nouveaux emplois d'ici 2035, avec 90 000 spécifiquement dans le secteur des énergies renouvelables. L'éolien en mer, à lui seul, pourrait générer des retombées économiques de l'ordre de 37 milliards d'euros, comme l'a déclaré Maud Bregeon. Cette initiative est définie comme une caractéristique centrale de notre développement durable, ancrée dans les territoires.
L'objectif final est d'atteindre une capacité installée de 15 gigawatts (GW) d'énergie offshore d'ici 2035, contre seulement 2 GW actuellement. Les appels d'offres prévoient environ 10 GW de nouvelles capacités, divisées équitablement entre éolien installé au sol et éolien flottant, à travers plusieurs zones maritimes clés, incluant Fécamp-Grand-Large et le Golfe de Fos.







