Dans une dynamique de soutien à l'industrie de la défense, le ministre de l’Économie et des Finances a récemment levé le voile sur un fonds d'envergure de 450 millions d’euros géré par Bpifrance. Ce dispositif permettra aux citoyens français d'envisager des investissements sur le long terme, tout en apportant une contribution précieuse à un secteur en pleine expansion.
Le gouvernement souhaite encourager les Français à investir dans des projets militaires. Quel sera le fonctionnement de ce nouvel outil d'épargne proposé par Bpifrance ? Les investisseurs pourront-ils récupérer librement leurs fonds ? Décryptage des enjeux et des modalités à venir.
Une réponse aux tensions géopolitiques
Les récentes tensions géopolitiques, exacerbées par le conflit en Ukraine, soulignent l'urgence d'investir dans la défense au niveau européen. Le 21 mars dernier, l'Allemagne a validé des dépenses militaires représentant plusieurs centaines de milliards d’euros, incitant les autres pays, dont la France, à explorer divers moyens de financement tels que l'imposition, l'emprunt ou la mobilisation des économies privées.
Emmanuel Macron, le président français, a ainsi annoncé un budget militaire flétri de 413 milliards d’euros à engager entre 2024 et 2030, soit une augmentation de 40 % par rapport à l'ancienne loi de programmation, sans hausse d'imposition à prévoir.
Un produit d’épargne au service de l’industrie
Le 20 mars 2025, Eric Lombard, le ministre en charge des Finances, a précisé que le nouveau mécanisme d'investissement n'inclura pas les traditionnels livrets d’épargne. Ce dispositif permettra à des épargnants de soutenir des petites et moyennes entreprises (PME) et des start-ups oeuvrant dans le secteur de la défense. Il s’agira essentiellement de fonds de « private equity », accessibles directement ou via des produits d’épargne à long terme comme des assurances-vie ou des plans d’épargne retraite.
Le fonds d'investissement, nommé Bpifrance Défense, sera disponible à la souscription dès le second semestre de 2025, succédant à Bpifrance Entreprises 3, actif jusqu’au 18 septembre 2025. Avec un ticket d'entrée de 500 euros, ce nouvel investissement présente un niveau de risque similaire à son prédécesseur, dont la position de risque oscillait entre 6 et 7 selon les informations clés fournies.
Il est à noter que Bpifrance Défense se distingue par des modalités différentes : il offre un blocage des fonds pour une durée de 5 ans, contre 7 ans pour son prédécesseur, et sans limitation de durée pour le nouveau produit, alors que le précédent avait une durée de vie fixée à 10 ans. Quant aux rendements, ils devraient se situer entre 8 % et 10 % « net de frais de gestion, mais avant impôt », même si une étude récente de l’Autorité des marchés financiers (AMF) a établi des performances médianes variantes entre -2,4 % et 5 %.
Réorienter l’épargne vers des enjeux stratégiques
Le lancement de Bpifrance Défense s'inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la Base industrielle et technologique de défense (BITD). En parallèle, le fonds Innovation Défense (FID) lancé en 2021 par Bpifrance en collaboration avec l’Agence de l’innovation de défense (AID) appuie cette initiative.
L'AMF joue un rôle clé en facilitant la création de fonds dédiés à la BITD, en offrant un traitement accéléré pour l’approbation des produits et un soutien renforcé aux sociétés de gestion. Toutefois, l’investissement dans l'industrie de défense reste une option et non une obligation, les épargnants étant libres de choisir où placer leurs économies. La Constitution et la Déclaration des droits de l'homme de 1789 garantissent la protection de la propriété privée, laissant peu de chances à une saisie directe, même en cas de crise.
En somme, la mise en place du fonds Bpifrance Défense cherche à mobiliser l’épargne privée pour soutenir un secteur stratégique, tout en offrant aux investisseurs une opportunité d’obtenir un rendement attrayant, bien que avec le risque de perte de capital. En réduisant la durée de blocage des fonds, ce nouvel instrument se présente comme plus flexible, tout en reflétant une tendance visant à orienter les économies vers des secteurs jugés cruciaux.







