Pratiquer le jeûne intermittent suscite parfois des inquiétudes quant à l'impact sur les capacités cognitives. Toutefois, selon des médecins, ce mode alimentaire n'entraîne pas de déclin cognitif, sauf dans trois situations précises.
À une époque où l'alimentation saine est au cœur des préoccupations, le jeûne intermittent s'impose comme une tendance majeure. Ce régime consiste à alterner entre des périodes de jeûne et de consommation alimentaire, généralement entre 12 à 16 heures, permettant ainsi à notre système digestif de se reposer tout en puisant dans nos réserves énergétiques.
Concrètement, cela se traduit souvent par le fait de sauter le petit-déjeuner : par exemple, dîner vers 20 heures et ne remanger que le lendemain à midi. Une autre méthode consiste à éviter le dîner et à se limiter à un en-cas lors du goûter. Cette approche est d'ailleurs fortement recommandée par de nombreux spécialistes, car le dîner est souvent considéré comme le repas le moins essentiel de la journée.
Trois cas où le jeûne peut affecter vos performances cognitives
Une méta-analyse publiée en 2025 dans la revue Psychological Bulletin par les chercheurs Bamberg et Moreau révèle que le jeûne intermittent a un impact limité sur les performances cognitives. Sur 3 484 participants, aucune différence significative n’a été constatée entre ceux qui jeûnaient et ceux qui suivaient une alimentation traditionnelle. Les tests évaluant des capacités telles que l’attention, la mémoire et les fonctions exécutives ont donné des résultats similaires. Cependant, trois facteurs ont été identifiés comme susceptibles d'affecter ces performances en cas de jeûne :
L'âge
Les effets du jeûne sur le cerveau varient selon l'âge. Les enfants et les adolescents montrent une diminution de leurs performances cognitives lorsqu'ils jeûnent, contrairement aux adultes. Ce phénomène s'explique par le fait que le cerveau jeune, encore en développement, est particulièrement réceptif aux apports nutritionnels. En effet, un enfant peut devenir irritable en cas de manque alimentaire, ce qui souligne la sensibilité accrue de son rythme circadien par rapport à celui d'un adulte.
Le moment du jeûne
Des études ont constaté que les performances cognitives des individus à jeun diminuent au fil de la journée. Cela indique que le jeûne peut exacerber la fatigue naturelle que nous ressentons à différents moments de la journée. Néanmoins, lorsque le jeûne se prolonge, le cerveau commence à utiliser des cétones comme source d'énergie, ce qui peut stabiliser les niveaux d'énergie et atténuer la baisse de performance.
Le type de test exécuté
Le type de tâche cognitive est également déterminant. Les participants à jeun éprouvent plus de difficultés avec des tests impliquant des choix alimentaires, alors que pour des tâches abstraites, les résultats sont similaires à ceux des personnes qui se nourrissent normalement.
La faim n'est pas synonyme de confusion mentale
Il est erroné de penser que la faim engendre une confusion mentale importante. Les médecins notent plutôt un accroissement des distractions dans certaines situations, sans réelle baisse de performance. D'ailleurs, notre cerveau est naturellement incité à rechercher la nourriture, un mécanisme dirigé par un groupe de neurones appelés AGRP. Cette stimulation de la faim incite à manger pour désactiver cette sensation désagréable. Par conséquent, en période de jeûne, le cerveau doit résister à cette impulsion, ce qui peut entraîner une légère distraction lors de tâches cognitives.
Pour ceux qui hésitent à adopter le jeûne intermittent par crainte d'une baisse de leurs capacités cognitives, il est rassurant de constater que ce mode alimentaire n'affecte généralement pas les performances mentales. Cependant, il reste à éviter pour les enfants et les adolescents, et il convient de consulter un médecin pour déterminer si cette approche est adaptée à votre mode de vie.







