En 2021, la France a déploré 645 accidents mortels dans le milieu professionnel, dont celui tragique de Pierrick Duchêne, employé de l'entreprise Point P Trouillard à Geneston, près de Nantes. Le 27 décembre 2021, malgré son jour de congé, Pierrick a accepté de travailler. Alors qu'il nettoyait une rectifieuse à parpaings, il a été retrouvé coincé sous la machine. Après cinq jours de coma, il a tragiquement perdu la vie le 2 janvier.
Son épouse, Claudine Duchêne, attend avec impatience un procès qui, après plusieurs reports, est désormais programmé pour le 26 mars 2025 au tribunal de Nantes. Elle sera entourée de ses deux enfants ainsi que d’une vingtaine de membres du collectif "Stop à la mort au travail", un groupe qui lutte pour sensibiliser sur les dangers rencontrés sur le lieu de travail.
Depuis cette douloureuse épreuve, Claudine a décidé de s'engager pleinement dans cette cause. "Les chiffres sont alarmants et continuent d'augmenter : 645 décès en 2021, 738 en 2022, 759 en 2023 et 764 en 2024", souligne-t-elle. Elle met en lumière que le secteur du bâtiment est particulièrement touché, avec de nombreuses victimes n’ayant pas reçu la formation adéquate. "Plus de 20 % des décès surviennent durant la première année d’emploi", ajoute-t-elle, citant des rapports de santé au travail.
Claudine déplore également la lenteur des procédures judiciaires. "Le manque de ressources au sein de la justice et de l'inspection du travail est criant. Actuellement, un inspecteur est chargé de 10 000 salariés, rendant difficile une réaction rapide", déclare-t-elle. Elle mentionne également que certaines entreprises demandent des contre-expertises dans le but d'étirer les procédures, éprouvant ainsi les familles et leurs espoirs de justice.







