Ce vendredi 20 mars, dans les bureaux d'Avenplast, près du bourg de Roëzé-sur-Sarthe, les deux co-dirigeants, Sébastien et Jérôme Cormier, suivent des yeux inquiets l'arrivée de courriels de leurs fournisseurs de plastique. "Ça n'arrête pas depuis quelques jours. On nous annonce des hausses variant de 5 % à 40 %", explique Sébastien. Jérôme ajoute, perplexe : "On se demande s'il y a pas de spéculation derrière tout ça", surtout après avoir reçu une notification urgente d'un fournisseur indiquant qu'il est "essentiel de constituer un stock".
99 % des produits sont en plastique
Créée en 1999 par leur père, la société Avenplast se spécialise dans la production de composants plastiques, allant des pièces sur mesure pour les particuliers jusqu'aux grandes cuves industrielles. Avec un portefeuille de 300 clients et un chiffre d'affaires annuel de 1,5 million d'euros, l'entreprise semble à première vue stable. Pourtant, Jérôme Cormier souligne que la situation reste "préoccupante et stressante" pour l'entreprise, car Avenplast se trouve directement tributaire du marché pétrolier. "Nos pièces sont composées à 99 % de plastique. Nous utilisons d’immenses plaques de granulés, dont la matière première est le pétrole", précise-t-il.
Avenplast consomme 100 tonnes de plastique par an, ce qui représente une facture de 500.000 €. Ainsi, la moindre fluctuation de prix, même minime, génère des conséquences significatives pour l'entreprise. "."Nous serons contraints de passer ces augmentations à nos clients", affirment les dirigeants. À cela s’ajoutent aussi des frais de transport en hausse, conséquence de l’augmentation du prix du gazole. Jérôme rappelle les précédentes crises, comme celle de 2003 due à la guerre en Irak et plus récemment la guerre en Ukraine, mais indique que la crise actuelle est inédite et plus sévère.
Le spectre d'une pénurie
Au-delà de l'augmentation des coûts, Avenplast redoute une éventuelle pénurie de matériaux. "Les principaux acheteurs, disposant de moyens, se permettent de constituer des stocks, laissant d'autres comme nous à risque de manquer de plastiques. Sans plastique, notre production s'arrête", alerte Jérôme Cormier. Actuellement, l'atelier de 12.000 m² est doté de deux mois de stocks, mais le dirigeant avertit que "cela ne doit pas perdurer". La possibilité d’un chômage technique est déjà envisagée pour les 18 salariés de l'entreprise.







