À la fin des années 1980, l'affaire Bréhéret refait surface dans l'Anjou, lorsqu'un prêtre, Jean Bréhéret, est accusé d'abus sexuels sur des jumelles de 13 ans. À l'époque, ces visites régulières, censées être une éducation religieuse, prennent une tournure troublante dans le Maine-et-Loire. Alors que les parents découvrent la vérité, leur appel à la justice est étouffé par l'autorité ecclésiastique. En 2004, après des années de lutte, l'abbé sera finalement condamné à huit ans de prison.
Cette histoire, révélée par Mediapart en 2017, fait partie d'un ensemble d'études révélant les dissimulations d'abus au sein de l'Église française. Jean Bréhéret figure parmi les trente-deux prêtres prétendument protégés par leur évêque, selon les rapportages. Dans un entretien avec France 2, l'avocat de l'accusé, Maître Patrick Descamps, insiste sur le fait qu'il n'y avait pas de volonté de couver les abus, mais de préserver la réputation de l'Église en tentant de « régler » l'affaire avec les parents.
Des visites régulières aux abus graves
Dès 1989, les sœurs jumelles, après avoir confié leurs expériences inquiétantes à leur famille, alertent le curé de leur paroisse. Ce dernier, après avoir recueilli une confession de Bréhéret, informe l'évêque d'Angers, qui choisit de fermer les yeux sur la situation. Cela ne fera qu'intensifier l'impression d'une hiérarchie ecclésiastique qui privilégie le silence au scandale. Un témoin, toujours sous anonymat, déclare à La Croix : « On a tout fait pour oublier. » Les faits sont pourtant alarmants.
Justice et prescription
Lorsqu'une plainte pour agressions sexuelles est déposée en 1998, celle-ci est classée pour cause de prescription. Années plus tard, une nouvelle plainte, formulée en 2000, inclut le terme « viol », mais Bréhéret persiste à nier les accusations. Il se présente comme un guide spirituel que nous avons suivi et il a profité de notre confiance,
affirment les victimes, soulignant l'ampleur de la manipulation.
Des révélations inquiétantes
En 2004, lors de son procès, plusieurs experts décrivent Bréhéret comme un « écclésiastique brillant » mais également un « pédophile incorrigible ». Il avait une belle façade, mais derrière, c'était un prédateur,
déclare un expert en psychologie au Monde. Le verdict, condamnant le prêtre à huit ans de prison, a été confirmé en appel. Ce cas soulève alors une question cruciale : comment autant d'abus ont-ils pu rester cachés dans les rouages de l'Église ? Au-delà de l'individu, c'est la structure qui est remise en cause.
Alors que la société continue de réclamer des comptes, l'affaire Bréhéret reste une ombre sur l'institution religieuse française, incitant à une réflexion profonde sur la foi, la vérité, et la responsabilité.







