Selon des informations révélées par l’Usine Nouvelle et corroborées par Ouest-France, Renault envisage d’initier la fabrication de drones militaires tactiques. La motorisation de ces aéronefs serait assurée par l’usine de Cléon, située en Seine-Maritime. Cependant, cette initiative ne fait pas l'unanimité et est vivement critiquée par la CGT, qui s'oppose fermement à la production d'« engins meurtriers ».
D’après Ouest-France, un contrat potentiel de près d'un milliard d’euros pourrait se dessiner pour Renault, qui assemblerait ces drones à la fois dans ses installations du Mans et à Cléon. Ce projet pourrait non seulement transformer le paysage industriel local, mais aussi ouvrir la voie à un marché lucratif d'environ un milliard d'euros sur une décennie avec la DGA (Direction générale de l’armement), en cas de succès.
Un expert du secteur de la défense a exprimé ses réserves, notant que « l'implication de Renault dans le secteur militaire pourrait créer des tensions avec une partie de son personnel et soulèverait des questions éthiques sur l'armement », tout en mentionnant les opportunités économiques que cela pourrait engendrer pour la région.
La CGT, pour sa part, n’hésite pas à qualifier ce projet de « moralement répréhensible » et appelle à une mobilisation pour s’opposer à ce qu’elle considère comme une « militarisation » du groupe. Une position qui reflète un malaise croissant vis-à-vis des implications de l'armement dans le secteur industriel, tandis que les discussions se poursuivent autour des impacts économiques et sociaux d'une telle activité sur le territoire normand.
La France doit donc naviguer prudemment entre compétitivité économique et éthique, alors que les acteurs industriels et les syndicats se font entendre dans ce débat complexe.







