Un médecin de 61 ans, exerçant dans une clinique du Mans, fait l'objet d'accusations graves d'agressions sexuelles sur au moins quatre de ses patientes. Les faits, rapportés initialement par ICI Maine, relèvent de violences sexuelles ayant eu lieu principalement au printemps 2022, alors que les victimes étaient sous anesthésie.
Les révélations sont survenues suite à des dénonciations de collègues, parmi lesquelles une infirmière qui décrit avoir été témoin d'agressions. Selon ses témoignages, le chirurgien avait un schéma opératoire récurrent, profitant des moments d'isolement pour abuser de ses victimes. L'infirmière a notamment rapporté avoir vu le professionnel introduire un doigt dans les parties intimes de patientes inconscientes.
Alertée par ces faits, la direction de l'établissement a signalé le cas au parquet du Mans en juin 2022. L'enquête a permis d'identifier une quatrième victime potentielle. De plus, des images inappropriées ont été découvertes sur le téléphone du médecin, qui a tenté de justifier ces photos par une prétendue "démarche artistique". Son avocat, Me Nicolas Calderero, a déclaré : "Il conteste absolument tous les faits de nature sexuelle qui lui sont reprochés. Il vit très mal la situation".
Le chirurgien a quitté la Sarthe dès la révélation des faits
Le juge d'instruction a renvoyé le chirurgien devant la cour criminelle pour viols sur des personnes vulnérables le 12 juin dernier. Le médecin a fait appel de cette décision, ce qui pourrait prolonger les procédures judiciaires, à la grande inquiétude des victimes. En attendant la décision de la chambre d'instruction de la cour d'appel d'Angers, ce professionnel de santé se voit interdire d'opérer des femmes.
Pour les victimes, l'impact émotionnel a été dévastateur. Me Delphine Bedouet, avocate d'une partie civile, a décrié : "La semaine suivant l'annonce des faits, ma cliente a ressenti du dégoût, de la nausée; elle se sentait sale". Ces victimes se trouvent dans une situation délicate, car peu sont capables de témoigner de la réalité de ce qu'elles ont subi.
"Ça a été un choc, un drame. Parfois, elle se demande même si c'est bien qu'elle l'ait appris"
Me Jonathan Proust, avocat de l'une des parties civilesICI Maine







