Par Olivier Pirot
Donald Trump n’hésite pas à présenter l'accord conclu avec l'Iran comme une victoire éclatante pour les États-Unis, voire pour le monde entier. Cette narration, bien que soutenue par des succès militaires palpables contre le régime détenant les Gardiens de la révolution, mérite une réflexion plus nuancée. Les frappes israéliennes et américaines ont, en effet, sublimé les capacités militaires du régime, mais la question de la menace nucléaire iranienne demeure intouchée, servant de prétexte à l’intervention américaine au Moyen-Orient.
Les objectifs militaires de Trump, pourtant, semblent fluctuer. Souvent, il évoque le désir de renverser le régime iranien et de favoriser une transition démocratique, un but qui reste encore à atteindre. L’autorité des dirigeants iraniens, bien qu’affaiblie, persiste. Le remplacement symbolique d’un Khamenei par un autre en est un exemple marquant.
En outre, il est crucial de noter que même si le détroit d'Ormuz venait à être rouvert, Téhéran conserve encore l'aptitude de le bloquer et de peser significativement sur l’échiquier régional. Ce contexte soulève des inquiétudes non seulement pour les États-Unis, mais aussi pour leurs alliés européens, qui, après cette période de tensions, s'avèrent réticents à rejoindre Trump's offensive contre l'Iran.
Les pays du Golfe, eux aussi, ont pris la mesure des limites de la puissance militaire américaine face aux ripostes iraniennes. L'armée, souvent présentée comme la plus forte au monde, n’a pas su garantir leur sécurité effective. Cet équilibre précaire illustre bien les défis modernes en matière de relations internationales, et montre que des victoires apparentes peuvent masquer des enjeux bien plus profonds.
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