À Saint-Herblain, une boulangerie et un tabac pourraient bientôt être fermés administrativement en raison de la présence d'un point de deal juste devant leurs portes, selon des informations de Presse-Océan. Les propriétaires, alertés par un courrier de la préfecture, dénoncent une décision qu'ils jugent plus politique que juridique.
Les tensions liées au trafic de drogue s'intensifient dans plusieurs quartiers français. À Saint-Herblain, une boulangerie, le Fournil du Sud, est au cœur de cette problématique. Le 15 juin, ses propriétaires rencontreront la préfecture pour discuter des mesures possibles concernant leur commerce. La raison mise en avant ? Des dealers se regroupent juste devant leur vitrine, créant un environnement hostile pour les clients. D'après Presse-Océan, ce cas n'est pas isolé et souligne un phénomène préoccupant dans la région.
Une "complaisance" suspectée par la préfecture
La préfecture a fondé sa décision sur une loi anti-narcotrafic entrée en vigueur en juin 2025, stipulant que les commerces doivent assurer la bonne exploitation de leurs établissements. Dans un rapport, il a été souligné que certains commerces pourraient être complices, permettant aux dealers de se cacher lors des interventions policières. Ainsi, le préfet peut imposer des fermetures temporaires allant de trois à six mois, précise la préfecture.
"En étau entre la police et les jeunes dealers"
Les gérants de la boulangerie s’indignent de ces accusations, rejetant toute notion de complicité. Thameur Khalifa, co-gérant, déclare : "C’est faux! Nous ne sommes pas en contact avec ces individus. Que devrais-je faire, être boulanger le matin et policier l’après-midi?" Il souligne aussi l'importance de leur commerce pour le quartier, notant que leur fermeture ne résoudrait pas le problème de trafic. Son collègue, Norredine Ben Haddou, abonde dans son sens en ajoutant : "Nous subissons cette pression incessante, nous sommes dans une situation difficile entre la police et les dealers enfants."
Me Kamel Maouche, avocat des gérants, considère qu'il s'agit d'une décision qui reflète plus des préoccupations politiques que juridiques. D'autres avocats, comme Me Maxime Gouache, soulignent que cette situation place injustement la responsabilité sur les commerces pour des actions qu'ils ne contrôlent pas. Les propriétaires envisagent plusieurs recours, pouvant s'étendre sur plusieurs mois, voire des procédures d'urgence pour faire valoir leurs droits.
Cette situation alarmante pour ces commerçants s'inscrit dans un contexte plus large où d'autres services publics, comme certains bureaux de poste, sont fermés pour des raisons de sécurité, comme l’a rapporté France 3. Les habitants, face à ces retraits de services essentiels, expriment leur frustration et leur colère, redoutant que ces décisions ne fassent qu'aggraver les situations de crise dans leurs quartiers.







