Sa carrière politique, autrefois prometteuse, a été brutalement interrompue par ses problèmes de jeu. À 53 ans, Nicolle n’était maire que depuis un an et demi lorsque les perquisitions ont eu lieu à son domicile et à l'Hôtel de ville en mai 2017.
Le parquet de Créteil a alors lancé une enquête pour trafic d'influence, révélant des soupçons d'attribution frauduleuse de marchés publics durant sa gestion. Les médias, à l'époque, relaient cette affaire juste avant les élections législatives, mettant légèrement en lumière l'implication du maire.
Des observateurs pensent que l’enquête a été précipitée par un rapport de la Cour des comptes, publié le 31 mars 2017, qui a mis en lumière des irrégularités dans la gestion financière de la commune depuis 2009. Les juges reprochaient notamment à Nicolle et à son équipe d'avoir dépensé plusieurs millions d'euros sans respecter les procédures d'achat publiques normales.

Finalement, une enquête menée par Tracfin a mis en évidence des versements d'environ 240.000 euros à Nicolle, émanant d'entreprises liées à la commune, qu'il aurait utilisés pour financer ses paris. En mars 2018, après une garde à vue, les accusations ont pris de l'ampleur avec des détails alarmants sur ses habitudes de jeu : entre 2010 et 2017, il aurait effectué plus de 45.000 paris pour un total frisant les 975.000 euros. Face à ce constat, Nicolle a déclaré ne pas avoir mesuré l'impact de ses comportements.
Prisonnier de son addiction, il a, selon les enquêteurs, détourné des fonds d'une association œnologique locale, Au sergent du Kremlin, pour alimenter ses jeux. Il est suspecté d'avoir accordé des marchés publics en échange de commissions sous forme de subventions à cette association, une manœuvre qui compromet gravement sa crédibilité.
Dans une lettre ouverte écrite aux habitants de la commune, Nicolle a tenté de se défendre, soutenant que les accusations étaient « d'ordre strictement privé » et qu'il n'avait pas usé d'argent public. Il a également précisé que les fonds en question étaient des soutiens à l'association, cherchant à redorer une image ternie par ces accusations.

Le soutien de son ancien mentor, Jean-Luc Laurent, s'est récemment estompé, lui aussi ébranlé par les retombées de l’affaire. Ce dernier, ancien député, a publiquement désavoué Nicolle, dénonçant des transactions douteuses liées à leur parti, le MRC. Le climat au sein du conseil municipal est devenu instable, divisant fortement les élus entre ceux qui soutenaient Nicolle et ceux appelant à sa démission.
Actuellement, Nicolle fait face à des accusations graves, y compris corruption et blanchiment, avec une éventuelle peine de prison allant jusqu'à dix ans. Alors que le procès, initialement prévu pour début 2023, a été reporté à juin de cette année, le cas continue de scruter les incidences des comportements illégaux au sein de la politique locale.
Comme l’a souligné Me Vincent Brengarth, représentant le MRC, cette affaire témoigne d’une tragique confusion entre finances personnelles et fonds publics, nuisant gravement à l'image de l'action politique.
Pour l’instant, les réactions de la ville, en tant que partie civile, restent sans réponse. L’avocat de Nicolle n’a pas non plus donné suite à nos sollicitations.







