L'essentiel
Selon le ministère de la Santé, près de la moitié des Français qui se rendent aux urgences y passent désormais plus de trois heures. Un délai qui s'accroît encore pour les cas les plus complexes. Face à cette situation critique, le gouvernement mise sur une meilleure régulation via le numéro d'urgence 15 pour aider les urgentistes, déjà au bord de l'asphyxie.
Délai d'attente, temps de consultation... Lors de leur passage aux urgences, les Français constatent une augmentation croissante du temps d'attente. Deux études récentes de la Drees révèlent cette réalité inquiétante.
Aujourd'hui, en moyenne, un patient passe plus de 190 minutes aux urgences, par rapport à 135 minutes en 2013. Ce prolongement des délais affects tous les types de soins, qu'il s'agisse de cas légers ou complexes.
Pour les consultations simples, l'attente supplémentaire est de 20 minutes, tandis que pour les patients nécessitant des soins approfondis ou une hospitalisation, le délai peut atteindre 235 minutes, soit 75 minutes de plus qu'il y a dix ans.
Un des principaux facteurs de ce problème est la pénurie de lits dans les hôpitaux, qui entraîne des délais d’attente critiques. En effet, la moitié des patients y passent en moyenne plus de 17 heures et 30 minutes pour une prise en charge globale, soit 200 minutes de plus qu’en 2013.
Concernant le premier contact, les temps de prise en charge initiaux restent relativement rapides : la moitié des patients sont orientés en moins de 8 minutes. Cependant, il est à noter qu’un patient sur dix doit attendre plus de 2 heures et 30 minutes avant de voir un médecin.
Des disparités régionales préoccupantes
D'après des données de la DREES, des disparités importantes existent entre les régions. Les départements du Cher et de Loire-Atlantique enregistrent les délais d'attente les plus longs, atteignant dans certains cas jusqu'à 540 minutes.
Le ministère de la Santé s'inquiète de ces engorgements. La ministre Stéphaine Rist a récemment annoncé une "nouvelle stratégie nationale" visant à réduire les passages inutiles. Quatre millions de consultations pourraient être concernées par cette initiative.
Le Service d'accès aux soins (SAS), qui aide à orienter les patients en composant le 15, sera généralisé afin de désengorger les services d'urgence. À partir de cet automne, une centaine d'hôpitaux filtreront l'accès aux urgences via le 15, en anticipation de la période hivernale. Cependant, les professionnels de santé restent sceptiques. En effet, selon le syndicat Samu-Urgences de France, près de 80 % des urgentistes se disent en situation d'épuisement professionnel.







