Les syndicats Sud Solidaires et CGT poursuivent leur mouvement de grève entamé le 11 mai afin d'obtenir une revalorisation salariale pour les ambulanciers du CHU de Toulouse. Ce 18 mai, la direction a promis de réfléchir à des solutions, mais les grévistes restent sceptiques.
"Ils nous demandent de mettre des gilets pare-balles maintenant, ça n'est pas possible", déclare un ambulancier sous couvert d'anonymat. Ce dernier évoque l'augmentation des transports de détenus issus des établissements pénitentiaires de Muret et Seysses vers l'hôpital Rangueil. "C'est dangereux, des collègues ont déjà été agressés", confie-t-il, bien qu'il ne souhaite pas s'exprimer devant les caméras.
Des missions de soignants mais pas la formation
Les ambulanciers sont de plus en plus sollicités pour des missions telles que le transport de détenus, un service que les professionnels appellent l'UHSI (unité hospitalière sécurisée interrégionale). Thierry Cubury, ambulancier à Purpan depuis plus de 20 ans et membre du syndicat Sud Solidaires, déplore : "Nous réalisons des missions que nous n'effectuions pas auparavant, comme la psychiatrie ou le transport de corps, mais nous n'avons rien en retour".
Laurent Bézia, un autre ambulancier, rappelle qu'"cela fait 15 ans que nous n'avons pas eu d'augmentation". Malgré le Ségur de la santé post-Covid, les rémunérations restent stagnantes, et un ambulancier hospitalier ne gagne en moyenne qu'entre 1.500 et 2.000 euros nets par mois. Avec un manque de médecins dans les hôpitaux et des équipes du Samu réduites, les ambulanciers sont souvent appelés à effectuer des gestes médicaux pour lesquels ils ne sont pas formés, tels que l'aspiration des trachéotomies.
De plus, certains hôpitaux, comme ceux de Tours et Angers, ont su établir des indemnités pour leurs ambulanciers, laissant à Toulouse un sentiment d'injustice et de précarité.
Le CHU de Toulouse emploie une soixantaine d'ambulanciers, répartis en équipes de deux avec un parc d'une douzaine de véhicules. Lors de la rencontre du 18 mai, le directeur général a promis de considérer des pistes de valorisation salariale. Toutefois, en attendant un nouveau rendez-vous, la grève se poursuit, avec un piquet de soutien prévu le 19 mai.
Ce mouvement de grève, bien qu'assoiffé de visibilité, n'a pas eu d'impact significatif sur l'activité de l'hôpital, car les ambulanciers assignés continuent à travailler. À noter que ce conflit ne doit pas être confondu avec la grève des ambulanciers privés, survenue en avril dernier.







