À Toulon, Var, des fouilles archéologiques ont mis au jour des trésors romains sur le site qui accueillera le port d’attache du France Libre, le futur porte-avions destiné à remplacer le Charles-de-Gaulle.
Les vestiges découverts illustrent le mariage inattendu entre histoire et modernité. Dans ce lieu emblématique, la base navale se prépare à accueillir les infrastructures nécessaires au France Libre tout en découvrant des fragments du passé. « Nous avons exhumé des objets variés, allant de la vaisselle à des gravures sur ambre », explique Thomas Navarro, responsable scientifique à l'Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP). Ces éléments témoignent d'une présence humaine depuis l'Antiquité lorsque cette région n'était qu'une petite île, essentielle au commerce maritime.
Les découvertes, notamment des artefacts provenant de la péninsule italienne, attestent de l'influence romaine dans cette zone alors dominée par les Grecs. La richesse des objets trouvés prouve que cette zone était un vivier d’activité économique, marqué par le commerce du vin, de l’huile et de la farine.
Une extension de 15 hectares sur la mer
Avec ces fouilles, le site de Toulon va rapidement se transformer. Des travaux colossaux débuteront l'année prochaine pour doter la base navale d'infrastructures de stationnement et d'entretien adaptées au futur porte-avions, prévu pour 2035. « Nous devons construire une infrastructure capable de soutenir les exigences d'un navire de nouvelle génération », déclare la porte-parole de la préfecture maritime de la Méditerranée.
D'une longueur de plus de 300 mètres, le France Libre surpassera son prédécesseur tant en taille qu'en poids, nécessitant ainsi un bassin de carénage nouveau ainsi que des ateliers et hangars additionnels. De plus, un quai de 400 mètres est planifié pour offrir un ancrage sécurisé durant les arrêts techniques.
Ce secteur de l'arsenal sera en mouvement constant, avec plus de mille techniciens à l'œuvre. Un pont de 600 mètres sera également érigé pour relier le port militaire à un autre port, facilitant ainsi le transport de personnel et matériel. Le futur PANG, comme il est déjà surnommé, aura la capacité d'accueillir 2 000 marins et 30 avions de combat, construit aux chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire, mais ancré à Toulon, tout comme le Charles-de-Gaulle avant lui.







