Ce lundi matin, au théâtre de l'Espal, des mères de famille se réunissent avec des psychologues pour aborder les défis de la parentalité. Depuis sa création en été 2024, l'association Pâtes au beurre 72, implantée avenue Jean Jaurès au Mans, délocalise ses permanences pour accueillir les habitants des Sablons. "L'idée est d'aller vers les familles pour les inciter à nous retrouver", explique Claire Mesnil-Plès, psychologue et initiatrice de ce projet audacieux.
Ouvert à tous les parents
Ce rendez-vous convivial se déroule autour d'un café, permettant des échanges anonymes, gratuits et sans rendez-vous. "Nous sommes dans une démarche de prévention, visant à permettre aux parents de réfléchir à leur relation avec leurs enfants", précise Claire. Les thèmes abordés vont des préoccupations quotidiennes, comme les repas ou le coucher, aux émotions plus profondes. Maëva, une jeune maman récemment installée au Mans, confie : "Cette rencontre m'a apporté un soulagement. Seule dans une nouvelle ville, la solitude pèse lourd. Comme beaucoup de parents, je n'imaginais pas que ça serait si compliqué."
Partir de situations concrètes pour comprendre la relation à l'enfant
Les échanges permettent de décharger les esprits, allégeant ainsi la fameuse charge mentale. "Les parents viennent avec des questions très pratiques, et nous les aidons à analyser ce qui se joue autour de ces défis relationnels", souligne Claire. Bien que cela ne constitue pas un suivi thérapeutique, ces rencontres jouent un rôle crucial dans la prévention des soucis de santé mentale des parents.
Lutter contre la discrimination d'accès aux soins psychiques
La psychologue insiste sur l'importance du partage d'expériences : "C'est un lieu ressource où les parents peuvent trouver écoute et soutien. Les témoignages de vulnérabilité résonnent et peuvent aider ceux qui vivent des situations similaires." Claire souligne également que la gratuité de ce dispositif, soutenu par la Caf, la ville et des partenaires privés, est essentielle pour surmonter les inégalités d'accès aux soins psychologiques, souvent plombés par des délais d'attente dans le public et des coûts prohibitifs dans le privé.
Pour Valérie Dieumegard, responsable de la médiation au théâtre de l'Espal, cette initiative est tout à fait logique, puisque la Protection Maternelle et Infantile (PMI) dispose déjà d'une permanence sur place. "Nous nous engageons à offrir un soutien aux parents, tout en leur permettant de découvrir notre lieu, où ils peuvent venir avec leurs enfants pour des spectacles", conclut-elle.







