Le gouvernement prend des mesures significatives pour améliorer la santé des jeunes placés sous l'Aide sociale à l'enfance (ASE). Des remboursements de soins psychologiques, des bilans de santé réguliers et un suivi médical coordonné sont prévus pour pallier la dégradation de la santé de ces enfants souvent marqués par des parcours tumultueux.
En effet, les enfants de l’ASE font face à des défis considérables : ils subissent souvent des violences en milieu familial et présentent des problèmes de santé mentale non détectés, tels que des traumatismes psychologiques complexes ou des troubles du développement. « Ils représentent les plus vulnérables parmi les vulnérables », souligne le Dr Nathalie Vabres, pédiatre et instigatrice de l'expérimentation Santé protégée.
Jeudi dernier, le Ministère de la Santé a lancé le parcours coordonné renforcé (PCR) enfance protégée, inspiré par deux projets pilotes, Pegase et Santé protégée, marquant un tournant crucial dans l'approche de la santé des jeunes de l’ASE.
Le dispositif prévoit qu’un bilan de santé soit réalisé pour chaque enfant sous protection. Des professionnels de santé seront mobilisés pour coordonner les rendez-vous médicaux. Cette initiative est d'autant plus essentielle que les enfants de l’ASE, selon les statistiques, occupent deux tiers des lits d’hospitalisation en pédopsychiatrie, ce qui reflète leurs besoins critiques.
Sur le plan de la santé mentale, le dispositif donnera accès à des traitements psychologiques plus accessibles. « Actuellement, les délais d'attente peuvent atteindre 18 mois dans les centres médico-psychologiques », explique Mireille Rozé, coordinatrice adjointe de Pegase. Grâce à cette réforme, chaque enfant pourrait bénéficier jusqu'à 18 séances de psychothérapie par an, avec une meilleure prise en charge financée.
À Nantes, des initiatives similaires ont déjà montré des résultats prometteurs, comme des rendez-vous rapides pour des adolescents à risque, victimes de réseaux de prostitution. « En deux mois, des rendez-vous ont été pris pour des adolescents en détresse », observe Aline Ordureau, cheffe de projet à Nantes, mettant en lumière l'urgence d'un meilleur suivi.
Les enfants placés sont souvent mal suivis et moins bien traités que les autres, malgré des besoins médicaux plus importants. L'ajout de ces services est donc essentiel pour empêcher que ces jeunes deviennent des victimes oubliées de la société. Une étude sur 600 enfants a révélé que 60 % d'entre eux risquaient un retard de développement à leur entrée dans le système, mais ce chiffre est tombé à 33 % après une année de suivi.
Cetteaski est non seulement une avancée majeure pour ces jeunes, mais également un levier pour réduire les coûts, grâce à une diminution des hospitalisations. En effet, les économies réalisées s’élèvent à 241 euros par an par enfant pris en charge, comme le mentionne une étude dévoilée par Santé protégée.
En France, 400 000 mineurs sont pris en charge par la Protection de l’enfance, représentant près de 2 % des enfants âgés de 0 à 18 ans. Leur santé doit enfin devenir une priorité pour garantir leur avenir.







