"Je ne suis pas quelqu'un de pessimiste d'habitude, mais je trouve la situation dramatique", déclare Nelly Prunier, agricultrice à Damvix dans le Sud Vendée. Alors que son exploitation a subi des inondations en janvier, elle constate avec amertume que son blé a été ravagé. "On a dû abandonner ces terres pour re-semer des céréales, mais avec la sécheresse actuelle, le sol est devenu trop dur pour travailler".
Un rendement du blé tendre et de l'orge qui inquiète déjà
La situation est complexe pour de nombreux agriculteurs. Certains, comme un céréalier de Nieul-sur-l'Autise, relatent des semis de maïs réussis, mais ça ne compense pas les pertes : "Il y aura sans aucun doute un rendement réduit pour le blé et l'orge", alerte une responsable de la chambre d'agriculture de Vendée. Le manque de pluie et le vent d'est, qui assèchent davantage les sols, exacerbent la situation.
"Ce vent assèche les sols, ce qui pose un problème de germination", souligne Matthieu Pilard, exploitant à Dompierre-sur-Yon. Ce dernier a dû adapter sa méthode de semis : "J'ai enfoui mes graines plus profondément, de 5 à 6 centimètres au lieu de 3 à 4".
Irriguer au risque de manquer d'eau à l'été ?
Les agriculteurs sont en attente d'une pluie salvatrice. "Un bon arrosage autour du premier mai pourrait faire la différence pour plusieurs cultures", indique Eric Porcher, céréalier et responsable du dossier eau à la FDSEA de Vendée. L'irrigation des cultures a déjà commencé, une décision que beaucoup trouvent risquée : "En début de saison, c'est inhabituel de devoir irriguer au mois d'avril", rappelle Matthieu Pilard, soulignant les contraintes des volumes d'eau disponibles.
Eric Porcher insiste sur le constat alarmant : "Si on laisse s'échapper l'eau des réserves, on risque de le regretter plus tard. Une réunion sur le stockage de l'eau est prévue, mais la solution semble éloignée". Nelly Prunier conclut avec résignation : "Je vais devoir laisser certaines terres en jachère, c'est un crève-cœur, mais les moyens manquent pour semer".







