Une coalition de nations engagées dans la transition énergétique se réunit en Colombie ce mardi et mercredi. Franceinfo fait le point sur ces ressources synonymes de prospérité mais aussi de conflits et de dérèglements climatiques.
Au cœur d'une crise énergétique majeure liée à la guerre au Moyen-Orient, une coalition de pays s'assemble pour envisager l'abandon des énergies fossiles. Organisée par la Colombie et les Pays-Bas, cette conférence internationale, renouvelant les espoirs d'une transition énergétique, se tient à Santa Marta jusqu'au 29 avril et rassemble au moins 50 pays, dont plusieurs grands producteurs d'hydrocarbures d'Europe et d'Amérique du Nord.
Le défi est immense : "Le pétrole est devenu indispensable à nos sociétés, c'est pourquoi il est si difficile de le remplacer", souligne Raymond Michels, chercheur au CNRS. Selon Franceinfo, il est crucial de comprendre les enjeux qui rendent la sortie des énergies fossiles indispensable mais complexe.
1 Qu'entend-on par énergies fossiles ?
Les énergies fossiles regroupent le pétrole, le charbon et le gaz, tous issus d'organismes vivants enfouis dans les sous-sols au cours de millions d'années. "Ces matières organiques ont capté de l'énergie solaire via la photosynthèse, et leur combustion libère cette énergie", explique Raymond Michels, chercheur au laboratoire GéoRessources. Ces ressources, souvent âgées de plusieurs centaines de millions d'années, portent bien leur nom de fossiles.
2 Quelle est notre consommation actuelle et pourquoi ?
Raymond Michels propose cette réflexion : "Peu importe où l'on se trouve, fermez les yeux et dans les cinq minutes, vous entendrez un moteur." Cela soulève une question cruciale : comment sont alimentés nos moyens de transport, nos chaudières et même nos appareils électroniques ? La réponse est simple : en grande partie grâce aux énergies fossiles. Depuis l'ère industrielle, ces ressources ont remplacé la force humaine et animale par une source d'énergie plus efficace et transportable. Pour illustrer l'ampleur de leur impact, Michels note qu'"élever la pyramide de Gizeh aurait nécessité 6 000 ouvriers pendant 25 ans, une tâche aujourd'hui réalisable grâce à une simple oreille d'énergie".
En 2022, la consommation mondiale d'énergie a atteint 172 821 térawattheures (TWh), soit 71% de plus qu'en 1990. Malheureusement, 80% de cette énergie provient encore des énergies fossiles, selon les dernières données de l'Agence Internationale de l'Énergie (AIE). En France, ce chiffre atteint 60%, malgré une part significative de production d'électricité nucléaire.
En somme, la dépendance aux énergies fossiles représente un défi colossal pour un avenir durable. Les discussions qui se tiendront lors de cette conférence de Santa Marta pourraient ouvrir la voie à des solutions innovantes et nécessaires pour réduire cette dépendance. Comme l'affirme Michels, "il est impératif d'initier ce changement pour préserver notre planète".







